Mines antipersonnel : pourquoi Handicap International interpelle Emmanuel Macron
Le Traité d’Ottawa, qui interdit les mines antipersonnel, est fortement fragilisé à la suite du retrait de plusieurs États. C’est la raison pour laquelle, dans le cadre de la campagne “The 1997 Nobel Piece”, nous avons adressé un fragment du prix Nobel de la paix 1997 à Emmanuel Macron. Découvrez dans cet article ce que notre association attend du Président de la République.
Emmanuel Macron à la tribune des Nations Unies en 2024 (image d'archive) | © UN Photo / Laura Jarriel
Une norme internationale qui se fragilise
Depuis près de 30 ans, le Traité d’Ottawa interdit l’emploi, le stockage, la production et le transfert des mines antipersonnel pour les États qui en sont parties. Adopté en 1997 et entré en vigueur en 1999, il a contribué à faire à stigmatiser largement ces armes, faire reculer leur utilisation, diviser par cinq le nombre de victimes et leur assurer une assistance.
Mais cette avancée est aujourd’hui fragilisée : en 2026, cinq États européens ont annoncé leur retrait du Traité d’Ottawa. L’utilisation des mines antipersonnel est en hausse et pose des menaces bien réelles quant au retour de cette arme des lâches. Dans le même temps, les mines continuent de tuer et de mutiler des civils dans de nombreux pays.
Pourquoi Handicap International se mobilise
Handicap International est engagée depuis plus de 30 ans contre les mines antipersonnel. L’association est cofondatrice en 1992 de la Campagne internationale pour interdire les mines antipersonnel (ICBL). Ce combat a notamment été récompensé par le prix Nobel de la paix en 1997.
En 2026, alors que la norme internationale est fragilisée, HI poursuit cette mobilisation au niveau diplomatique. La campagne “The 1997 Nobel Piece” rappelle symboliquement que ce qui a été construit collectivement peut aussi être remis en cause, et qu’il faut alors une action résolue pour le défendre.
Un prix Nobel mis en pièces pour réparer la paix
Le 4 avril 2026, Journée internationale de lutte contre les mines, Handicap International et l’ICBL ont lancé la campagne “The 1997 Nobel Piece”. Une réplique de la médaille du prix Nobel de la paix 1997 a été fracturée et les fragments ont été adressés à des dirigeants et responsables politiques pour les remettre face à leurs responsabilités.
Le fragment envoyé à Emmanuel Macron porte donc un message précis : défendre l’héritage du prix Nobel de la paix et agir pour empêcher que l’interdiction des mines antipersonnel ne se fissure davantage.
Pourquoi interpeller la France ?
La France est un État partie au Traité d’Ottawa. Elle a également fait du respect du Droit international humanitaire une priorité diplomatique. Pour Handicap International, cette exigence doit être défendue de manière cohérente et universelle, en particulier lorsque des normes destinées à protéger les civils sont fragilisées.
La séquence diplomatique de septembre 2026 offre un moment particulier pour porter cette demande : la France préside le Conseil de sécurité de l’ONU et Emmanuel Macron doit prendre la parole à l’Assemblée générale des Nations Unies.
Alors qu’approchent les Pyramides de chaussures de Handicap International, nous demandons à la France de réaffirmer publiquement son engagement à défendre le Traité.
Ce que nous demandons à Emmanuel Macron
Nous demandons au Président de la République deux actes précis :
- Défendre publiquement le Traité d’Ottawa et citer nommément ce texte dans son discours à la tribune de l’Assemblée générale des Nations Unies, prévu mardi 22 septembre dans l'après-midi.
- Condamner l’utilisation des mines antipersonnel en toute circonstance et par n’importe quel acteur dans le monde.
Ces demandes s’inscrivent dans un objectif plus large : défendre le Droit international humanitaire et les normes qui protègent les civils.
Le Président nous a répondu, nous attendons des actes
Handicap International a adressé un courrier au Président de la République, accompagné d’un fragment du prix Nobel de la paix 1997. Emmanuel Macron nous a répondu. Cependant, cette réponse ne comporte pas, à ce stade, d’engagement précis sur les demandes formulées par Handicap International.
Nous rendons cet échange public parce que la mobilisation ne peut pas s’arrêter à un courrier. À l’approche de la prise de parole présidentielle à l’ONU, et alors que se profilent les Pyramides de chaussures de Handicap International, nous demandons des actes et des prises de positions fortes pour défendre l’interdiction des mines antipersonnel.
Vous pouvez vous aussi interpeller vos élus et leur demander de défendre le Traité d’Ottawa.
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