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Deux victimes de sous-munitions témoignent

Mines et autres armes
Laos

Deux habitants du même village laotien témoignent de leurs accidents liés à l’explosion d’une sous-munition, à trente ans d'intervalle.

Chue Por Vang, jeune fermier Hmong de 30 ans, victime d'une sous-munition héritée de la guerre du Vietnam

Chue Por Vang, victime d'une sous-munition héritée de la guerre du Vietnam | © N. Lozano Juez / HI

La province de Houaphan, toute proche du Vietnam, est celle qui a connu le plus d'accidents causés par des restes explosifs de guerre au Laos en 2018. Dans le village de Houayhou, certains habitants ont payé un lourd tribut, comme Chue Por Vang, un jeune fermier Hmong de 30 ans et Kua Tcho Tor, 58 ans.

Chue Por Vang, fermier de 30 ans

Lorsqu'il était adolescent, le bras gauche de Chue (grande photo) a été arraché à cause d'une sous-munition qui a explosé sur le chemin de l'école. Il se souvient du jour où, rentrant avec son frère, il a trouvé cet engin qui a piqué sa curiosité. « C’était un objet tout petit, rond, ça ressemblait à une petite balle… ». Après l’accident, sa famille s’est endettée sur cinq ans pour payer les frais d’hospitalisation. Aujourd’hui, Chue vit au quotidien avec un bras en moins. Il est marié et père de quatre enfants. La présence de ces engins de guerre non explosés enfouis dans les terres de son pays le révolte.

« Je suis en colère. Ma femme est la seule à pouvoir travailler la terre, à s’occuper de nos 14 vaches et à tout faire à la maison. Je l’aide comme je peux mais nous dépendons de la terre et nous avons du mal à nourrir nos enfants. Notre famille nous aide beaucoup  mais notre vie est très dure. »

Kua Tcho Tor, 58 ans

Kua Tcho Tor, 58 ans, victime de sous-munitions au Laos - Handicap InternationalDans le même village, Kua Tcho Tor, un paysan de 58 ans père de six enfants, a perdu sa main à l’âge de 12 ans à cause de l'explosion d'une "bomblet", une sous-munition, alors qu'il aidait ses parents à planter du riz. Immédiatement transporté à l’hôpital le plus proche, ses souvenirs restent flous mais il se rappelle que sa famille a dû vendre beaucoup de vaches pour pouvoir payer les frais d’hospitalisation. « C’était la fin de la guerre du Vietnam mais on ne savait rien des bombes et des mines à l’époque. On ne se méfiait pas », explique-t-il.

« Ma vie a été très dure. Personne ne m’a aidé, à part la famille très proche. Aujourd’hui trois de mes enfants sont déjà mariés. Sans ma famille et mon fils qui fait tout à la ferme et s’occupe beaucoup de nous, la vie ne vaudrait pas la peine d’être vécue… Je suis très fier de lui ! »

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Publié le : 28 février 2020
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