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Osama, 22 ans : « Ma famille m'a aidé à survivre »

Mines et autres armes Réadaptation
Syrie

Retourner dans son village en Syrie après 14 années de guerre civile peut mettre sa vie en danger. Osama, 22 ans, a marché sur une mine en entrant dans une maison abandonnée. L'accident lui a coûté sa jambe.

Un jeune homme amputé de la jambe droite est allongé sur un lit et regarde l'objectif. Des béquilles sont posées à côté du lit.

Osama chez lui après son amputation. | © HI

Des mines dans les villages abandonnés

Dans un village tranquille du sous-district d'Al-Karama en Syrie, Osama Hussein, 22 ans, travaillait comme journalier dans le bâtiment pour subvenir aux besoins de sa femme et de ses deux enfants, âgés de 3 et 1 an, en transportant de lourdes charges pour pouvoir nourrir sa famille.

En avril 2025, Osama était allé aider un ami à nettoyer une maison abandonnée dans le village d'Al-Jadidat.

« Je suis entré dans la maison avant mon ami, et une mine a explosé à la porte, se souvient-il. J'ai été projeté à l'extérieur. J'ai baissé les yeux et j'ai vu ma jambe saigner. »

L'explosion a entraîné l'amputation de sa jambe droite sous le genou. Transporté à l'hôpital dans une voiture privée, Osama a subi une intervention chirurgicale d'urgence. Lorsqu'il a repris conscience, sa vie était bouleversée.

« Je me suis réveillé et j'ai vu que ma jambe avait été coupée. »

La capacité d'Osama à travailler

Avant son accident, Osama rêvait d'une vie meilleure.

« Je menais une vie stable et j'espérais trouver un emploi convenable qui me permettrait d'améliorer mes revenus. »

Mais son nouveau handicap l'a privé de sa capacité à travailler, à marcher sans aide et à s'occuper de ses enfants comme avant.

« Je ne peux pas travailler, je ne peux même pas aller aux toilettes tout seul. J'avais perdu tout espoir dans la vie. Mais ma famille m'a soutenu et m'a aidé à survivre à ce traumatisme. »

Danger pour les personnes qui rentrent chez elles

Osama n'est pas seul. À Raqqa et dans toute la Syrie, les mines et les restes explosifs de guerre continuent de mettre des vies en danger longtemps après la fin des combats. Osama connaît d'autres personnes blessées dans des accidents similaires. Ces menaces invisibles sont disséminées dans les maisons, les champs et les rues, attendant silencieusement de détruire des vies en un instant.

Osama bénéficie du soutien de Handicap International à l'hôpital national de Raqqa. Grâce à des aides à la mobilité et à des séances de rééducation régulières, il apprend à s'adapter à sa nouvelle réalité.

« Les béquilles m'ont aidé à remarcher. Maintenant, j'attends une prothèse de jambe. »

Son objectif est clair :

« Je veux retravailler pour subvenir aux besoins de ma famille. Le plus important pour moi est de trouver un emploi ou de lancer un petit projet qui me permettra d'avoir un revenu stable. »

À ceux qui font face à des difficultés similaires, son message est simple et fort :

« Ne perdez jamais espoir. La vie doit être vécue, quelles que soient les circonstances. »


Le défi majeur du déminage en Syrie

Il faudra des décennies pour nettoyer le territoire, car la contamination est très étendue. Les études visant à évaluer l'ampleur du problème prendront du temps. Cependant, la situation est devenue particulièrement urgente dans des endroits comme Deir-Ezzor, Idlib et Alep, qui ont été touchés par près de 14 ans de guerre civile.

Les opérations de déminage sous-marin seront cruciales pour assurer la restauration des puits et des rivières, essentiels à la consommation et à l'irrigation, tout comme celles menées en milieu urbain et rural. Depuis la chute de Bachar al-Assad, les mines terrestres et les restes explosifs de guerre ont fait plus de 1 100 victimes, dont près de 500 morts. Ces chiffres sont probablement bien inférieurs aux données réelles.

De nombreuses personnes ont subi des amputations à la suite d'explosions. Un quart des quelque 600 accidents signalés se sont produits à Deir-Ezzor, en raison de l'accès difficile pour les travailleurs humanitaires pendant la guerre, du rôle de la région dans le conflit, de ses terres agricoles et de la présence d'un seul hôpital. Trois victimes sur cinq sont des hommes. Les deux tiers des incidents se produisent sur des terres agricoles ou inutilisées.

Une autre préoccupation est que les habitants tentent parfois de déminer eux-mêmes, malgré le manque d'équipement et d'expertise nécessaires, ce qui les expose à un grave danger.

Publié le : 1 septembre 2025
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