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Handicap International met en pièces le prix Nobel de la paix 1997

Mines et autres armes
International

Le 4 avril 2026, Journée internationale de lutte contre les mines, Handicap International lance une campagne d’interpellation internationale intitulée « The Nobel Piece. Réparer la paix, ensemble. »

Réparer la paix, ensemble. The Nobel Piece #STOPMINES

© Strike / HI

28 ans après l’obtention du prix Nobel de la paix récompensant la lutte acharnée de la société civile pour bannir les mines antipersonnel, ces armes sont en recrudescence : utilisation massive dans les conflits armés récents, désengagement d’États du Traité d’Ottawa, relance de la production de mines… Face à l’urgence, Handicap International interpelle les États en leur envoyant des fragments du prix Nobel de la paix 1997 – symbole qui vole aujourd’hui en éclats – afin de les remettre face à leurs responsabilités pour respecter le Traité et enrayer le retour d’une arme sournoise qui 9 fois sur 10 tue des civils.

Une opération d’interpellation internationale

Le 4 avril 2026, Journée internationale pour la sensibilisation au problème des mines et l'assistance à la lutte antimine, Handicap International, en partenariat avec l’ICBL (Campagne internationale pour interdire les mines antipersonnel) lance une opération d’interpellation des États et de l’opinion publique intitulée « The Nobel Piece. Réparer la paix, ensemble. » Un clin d’œil phonétique à “prix Nobel de la paix” en anglais : “The Nobel Peace Prize”.

Cette opération sonne comme une réponse indignée à l’inquiétant retour des mines antipersonnel dans les conflits armés récents, au retrait inédit du Traité d’Ottawa en 2026 de cinq États européens frontaliers de la Russie, ainsi qu'à l’augmentation du nombre de victimes civiles de mines observée ces dernières années.

Cette opération d'envergure internationale reprend le symbole du prix Nobel de la paix, décerné en 1997 à l’ICBL, dont Handicap International est cofondatrice, qui a récompensé plusieurs années de lutte acharnée et de plaidoyer pour faire interdire les mines antipersonnel.

Remettre la question des mines à l'agenda politique

Le silence de la communauté internationale et des États parties au Traité d’Ottawa fait courir le risque d’un retour en arrière extrêmement préoccupant pour la protection des civils et le respect du Droit international humanitaire (DIH). Il ouvre la voie à une renormalisation des mines qui 9 fois sur 10 tuent des civils et sont contraires au DIH, car incapables de faire la distinction entre un civil et un militaire, donc par nature indiscriminées.

Le principal objectif de cette nouvelle campagne de Handicap International est d’interpeller les États à l’échelle nationale et internationale, pour les mettre face à leurs responsabilités.

Une trentaine d’États appelés à réagir

Une trentaine d’États vont être interpellés dans le cadre de cette opération, avec des demandes spécifiques et concrètes :

1. Les cinq États qui se sont retirés du Traité d'Ottawa

  • S’engager publiquement à ne jamais utiliser, produire ni transférer de mines antipersonnel.
  • Rejoindre la Convention sur l'interdiction des mines (le Traité d’Ottawa).

2. Les États alliés et les partenaires stratégiques

  • Faire preuve d'un leadership renouvelé et visible.
  • Utiliser les outils diplomatiques, politiques et multilatéraux pour empêcher de nouveaux retraits du Traité.
  • Intervenir de manière proactive pour empêcher toute nouvelle utilisation, production ou transfert de mines antipersonnel.

3. Les parlementaires

  • Exercer un contrôle pour garantir le respect strict du Traité au niveau national.
  • Mettre en évidence l'impact humanitaire des mines antipersonnel dans les débats, les résolutions et les interventions médiatiques.
  • Impliquer les électeurs, y compris les communautés affectées et les jeunes, par le biais d'audiences, d'événements et de débats publics.

4. Les utilisateurs actuels de mines

  • Cesser immédiatement d'utiliser des mines antipersonnel, assurer un déminage rapide et soutenir les survivants. Rejoindre sans tarder la Convention sur l'interdiction des mines.

Lancée depuis la France et la Belgique, cette opération de plaidoyer d'envergure internationale vise également à mobiliser l’opinion publique afin de mettre la question des mines et la défense du Traité d'Ottawa à l'agenda politique.

Dispositif de la campagne :
– Une réplique de la médaille du prix Nobel de la paix 1997 a été fracturée et cinq fragments retirés, chaque fragment symbolisant un pays sortant du Traité. 
– Certains chefs d’État, ministres des Affaires étrangères, ministres de la Défense, parlementaires clés et autres responsables de la protection du Traité recevront un fragment de la médaille brisée, une pièce du prix Nobel ou « Nobel Piece » en anglais.
– Chaque fragment porte un message clair : « Aidez à réparer ce qui est brisé. Agissez pour préserver l'interdiction et rétablir le consensus mondial contre les mines antipersonnel. »

L’histoire du Traité d’Ottawa

En 1997, le prix Nobel de la paix a été attribué à la Campagne internationale pour interdire les mines antipersonnel (ICBL) dont Handicap International est cofondatrice. La même année, le Traité d’Ottawa, premier traité de l’Histoire interdisant une arme conventionnelle, a marqué une victoire historique pour le désarmement et la protection des plus vulnérables.

À l'entrée en vigueur de celui-ci, en mars 1999, près de 50 pays produisaient encore des mines antipersonnel. Aujourd'hui, ils sont une dizaine. Au total, plus de 55 millions de mines antipersonnel stockées ont été détruites et les États parties au Traité d’Ottawa ont déminé en 2024 au moins 1 114,82 km² (source : Landmine Monitor 2025).

« Le Traité d’Ottawa existe parce que des citoyens, des ONG, des survivants de mines et des diplomates ont refusé de baisser les bras. Aujourd’hui encore, leur mobilisation, notre mobilisation, est indispensable. »

Anne Héry, Directrice du plaidoyer à Handicap International

Quand une norme internationale vole en éclats

27 ans après son entrée en vigueur, le Traité d’Ottawa est fragilisé de manière inédite. Les cinq pays sortants – Pologne, Finlande, Lituanie, Estonie et Lettonie – ont tous évoqué un impératif sécuritaire pour justifier leur décision.

« Les pays ont des préoccupations légitimes en matière de sécurité, en particulier le long des frontières contestées ou dans les zones de conflit. Mais le recours aux mines antipersonnel n’est pas une solution militaire rationnelle. […] Il est essentiel que les armées modernes se tournent vers des alternatives conformes au Droit international humanitaire. »

Gary Toombs, expert de Handicap International en neutralisation des explosifs et munitions, ancien membre de l’armée britannique

À l’instar des autres traités de désarmement, le Traité d'Ottawa est contraignant en temps de paix et en temps de guerre. Dès sa ratification, il a force de loi et doit être appliqué. Si l'interdiction d'utilisation des mines vaut principalement en temps de guerre, les obligations de destructions des stocks, de non-production et de non-transfert illustrent les obligations en temps de paix également.

Publié le : 4 avril 2026
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