La technique du saupoudrage
Une bombe à sous-munitions (BASM) se présente comme un conteneur rempli de mini-bombes explosives appelées « sous-munitions ». Le conteneur peut être un obus, une roquette, un missile… Largué par avion ou voie terrestre, il s’ouvre en vol et libère les sous-munitions. Un véritable tapis de bombes tombe alors sans précision sur de larges surfaces.

Les civils, premières victimes des BASM
Les bombes à sous-munitions tuent, blessent, mutilent et provoquent des traumatismes physiques et psychologiques lourds. Les civils représentent près de 9 victimes sur 10* dont une vulnérabilité particulière des enfants, qui lorsqu'ils tombent sur une sous-munition peuvent être curieux et la manipuler, avec un fort risque d'explosion. L'impact sur les populations est comparable à celui que peut causer un engin explosif improvisé, qui frappe lui aussi sans discrimination.
Un danger à long terme
Jusqu’à 40 % des sous-munitions n’explosent pas quand elles touchent le sol : soit elles sont trop légères, soit le sol est trop meuble, soit un dysfonctionnement les empêche d’exploser. Toujours actives, ces sous-munitions deviennent aussi dangereuses que des mines antipersonnel. Elles peuvent exploser à tout moment, dès la moindre manipulation. Des zones entières deviennent alors inhabitables, entravant la reprise de la vie sociale et économique, forçant les populations à se déplacer. Ces restes explosifs constituent une menace pour les civils, parfois des dizaines d’années après un conflit. Pour plus d'informations sur ces menaces, découvrez notre page dédiée aux mines et autres armes.
Le Laos, pays le plus pollué au monde
Le Laos est un triste exemple de la menace à long terme que posent les sous-munitions. Alors que le pays a été massivement bombardé entre 1964 et 1973 pendant la guerre du Vietnam, les sous-munitions qui n’ont pas explosé lors de leur largage font encore des victimes aujourd’hui, très souvent des enfants ! Cette pollution durable est un fléau comparable à celui des mines terrestres, qui contaminent les sols pendant des décennies.
Qui produit des bombes à sous-munitions ?
En 2026, 18 pays dans le monde* sont toujours considérés comme producteurs ou se réservant le droit de l'être, comme la Chine, la Russie, Israël... Les États-Unis ne produisent plus de sous-munitions à ce jour mais ont déclaré ne pas s'interdire d’en produire à nouveau. Ils en détiendraient encore jusqu'à 3 millions dans leurs stocks. En revanche l’Allemagne, la France, l’Italie et le Royaume-Uni, qui ont signé la Convention d’Oslo, ont annoncé avoir détruit la totalité de leurs stocks.
Que dit la Convention d’Oslo ?
Entrée en vigueur en 2010, la Convention d’Oslo, ou Traité d'Oslo, a été signée par 119 États en décembre 2008. Elle interdit l’utilisation, la fabrication, le commerce et le stockage des bombes à sous-munitions. Elle inclut également des obligations aux États parties comme l’aide aux victimes et le déminage des zones contaminées. Ce traité s'inspire de la Convention d'Ottawa, qui a interdit l'usage de la mine antipersonnel quelques années plus tôt.
* Source : Rapport 2026 de l'Observatoire des armes à sous-munitions.
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