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Laos : Rendre plus fortes les victimes de bombes

Mines et autres armes
Laos

Entre 1964 et 1973, les États-Unis ont largué des millions de bombes sur le Laos dans le cadre d'une campagne secrète visant à couper les voies d'approvisionnement vers le Nord Vietnam. Aujourd’hui, des Laotiens tels que Nang, mère de cinq enfants, sont encore blessés ou tués par des restes explosifs de guerre. Handicap International aide les victimes à retrouver leur indépendance économique. En 2015, l'organisation a offert deux chèvres à Nang afin qu'elle puisse développer un petit élevage.

À Tam Luang au Laos, Nang est assise dehors avec sa jambe blessée. Grâce à Handicap International, elle développe une activité qui génère des revenus pour elle et sa famille.

© M. Feltner / Handicap International

Dans le village de Tam Luang, au Laos, Nang Kleu est assise devant chez elle et tisse une jupe traditionnelle laotienne colorée appelée "sinh", tandis que ses enfants courent et jouent autour d'elle. Il y a cinq ans, elle était également en train de tisser, portant son bébé de six mois sur le dos, lorsque son fils adolescent et ses amis sont revenus de la forêt avec une trouvaille.

Ils avaient découvert un obus de mortier vieux de plusieurs décennies, largué pendant la guerre du Vietnam. Ils étaient impatients de le démonter et de récupérer le métal pour le vendre. Entre 1964 et 1973, les États-Unis ont largué des millions de bombes sur le Laos, dans le cadre d'une campagne secrète visant à couper les voies d'approvisionnement vers le nord du pays. Consciente du danger, Nang a quitté précipitamment son métier à tisser pour prévenir les garçons. Trop tard. Un des garçons a fait exploser l'obus à coups de marteau. Lui et ses deux amis sont décédés sur le coup. Un quatrième enfant a été emmené à l’hôpital mais n’a pas survécu.

Subvenir aux besoins de sa famille

« Je peux marcher, mais ça me fait mal », explique-t-elle. Handicap International vient en aide aux victimes de restes explosifs de guerre au Laos depuis 1996. L'organisation a rencontré Nang plusieurs années après l'accident et a proposé de l'aider à se rendre en ville pour se faire soigner. Nang a cependant refusé, craignant que sa jambe ne soit amputée. « Si je pars, ils couperont mon pied et mon mari me quittera », affirme Nang. Elle prononce ces derniers mots en souriant, mais il y a une part de vérité dans ses propos : les personnes handicapées sont souvent considérées comme "inutiles" dans une société où de nombreuses personnes gagnent leur vie grâce à l'agriculture ou à d'autres travaux manuels.

Afin de lutter contre ces préjugés et de permettre aux personnes handicapées de subvenir aux besoins de leur famille, Handicap International aide les victimes d'explosifs comme Nang à créer de petites entreprises génératrices de revenus. En octobre 2015, l'organisation a confié deux chèvres à Nang pour qu'elle puisse les élever et tirer des bénéfices de la vente de leurs chevreaux. Elles auront bientôt des petits.

Nang estime que la vente des deux chevreaux lui permettra d'acheter du riz pour nourrir sa famille pendant deux mois, ainsi que des uniformes et des manuels scolaires pour ses cinq enfants. Elle pourrait même parvenir à mettre un peu d'argent de côté. 

« Je suis si heureuse de recevoir l'aide de Handicap International », déclare Nang avec un sourire radieux. « Tellement heureuse ! »


> Voir aussi la vidéo "Les enfants sensibilisés aux dangers des restes explosifs avec une chanson"

Publié le : 12 août 2016
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