Gaza : l’appel de HI contre son expulsion du Territoire palestinien occupé
Depuis le 1er janvier 2026, Handicap International est sous la menace d’une expulsion du Territoire palestinien occupé. Comme elle, 36 autres organisations humanitaires ont reçu l’ordre de cesser leurs opérations à Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.
Comme de nombreuses autres personnes à Gaza, la survie de Basheer est tributaire de l'aide humanitaire. | © K. Nateel / HI
Handicap International expulsée de Gaza
Pourquoi ? Les nouvelles mesures d’enregistrement des ONG imposées par Israël sont draconiennes et ne peuvent être respectées ni légalement, ni éthiquement.
Leur principal effet ? Restreindre les opérations humanitaires en cours, en contradiction avec le Droit international humanitaire.
Dans le même temps, des vies sont en danger.
Ceux qui paient le prix
La situation à Gaza est cataclysmique. Trois millions de personnes ont besoin d’aide humanitaire immédiate. Face à nous, des milliers de blessés, des milliers d’enfants amputés et autant de personnes handicapées sans accès aux soins. Les priver d’aide, c’est les abandonner. Nous ne pouvons pas l’accepter.
Une mesure sans précédent
La décision d’Israël est arbitraire et viole frontalement le Droit international humanitaire. Celui-ci est très clair : une puissance occupante a l’obligation de faciliter l’aide humanitaire. Cette règle n’est ni optionnelle, ni une faveur faite aux populations civiles, c’est une obligation.
Sans les ONG, tout s’écroule
Les ONG internationales assurent plus de la moitié de l’aide alimentaire, 60 % du soutien aux hôpitaux de terrain, tous les traitements pour les enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère, près de 75 % des activités d’abris, plus de 50 % du déminage. L’expulsion de 37 ONG majeures, dont Handicap International, aura pour effet immédiat de désorganiser une aide vitale pour la population de Gaza.
Nous ne sommes pas remplaçables
Chacune des 37 ONG menacées apporte une aide spécifique et indispensable. Les équipes de Handicap International gèrent les ateliers de prothèses et d’orthèses, elles accompagnent la réadaptation des victimes, leur apporte un soutien en santé mentale et mènent des séances de sensibilisation aux risques explosifs.
Avec près de 5 000 amputations en deux ans et au moins 42 000 personnes qui garderont des blessures à vie, les besoins de la population s’étaleront sur des décennies. C’est la raison pour laquelle notre expertise est irremplaçable.
Une pression inacceptable
Nous le répétons : les exigences d’Israël sont illégales et mettent en danger nos équipes. Plus de 500 humanitaires ont déjà été tués depuis octobre 2023 à Gaza. Dans tous les cas, nous ne pouvons accepter que l’aide humanitaire devienne conditionnelle, politisée ou instrumentalisée.
Et pourtant… l’aide est déjà bloquée
Depuis mars 2025, nos camions sont bloqués aux frontières et notre capacité d’action est limitée. Faute de matériel, nous pourrions bientôt être contraints d’utiliser des solutions de fortune pour fabriquer des prothèses. C’est un retour en arrière de plusieurs décennies, alors que les besoins explosent.
L’horreur à venir
Si cette décision est maintenue, les conséquences seront humaines, immédiates et irréversibles. Les plus vulnérables (enfants blessés, personnes amputées, familles déplacées) seront évidemment les premiers touchés. Empêcher l’aide de parvenir à ceux qui en ont le plus besoin viole les règles fondamentales du Droit international humanitaire et fragilise encore davantage une population déjà épuisée par des années de conflit.
Nous ne lâcherons rien
Ce n’est pas nous qui choisissons de partir. Nous sommes expulsés. Avec d’autres organisations, nous avons saisi la Cour suprême israélienne pour demander la suspension de ces mesures. Dans le même temps, nous explorons toutes les possibilités et faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour continuer à soutenir les plus vulnérables. Abandonner celles et ceux que nous accompagnons ne sera jamais une option. Nous ne baisserons pas les bras.
L'appel de Handicap International
Nous appelons les États à faire respecter le Droit international. Nous appelons le public à défendre les valeurs de solidarité, de neutralité et d’humanité. Nous appelons chacun et chacune d’entre vous à maintenir son soutien. Nous crions avec force qu’apporter une aide humanitaire n’est pas un crime. Nous affirmons de façon claire qu’aider n’est pas prendre parti. Nous rappelons encore et encore que la protection des civils est une obligation.
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