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HI mobilisée pour répondre à l’épidémie d’Ebola en RDC et en Ouganda

Santé Urgence
Ouganda République démocratique du Congo

Soutien logistique, assainissement et hygiène, sensibilisation auprès de la population… Handicap International mobilise ses équipes et agit pour endiguer l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo et en Ouganda.

Des hommes roulent à moto avec des affiches de prévention sur la maladie d'Ebola.

Photo d'archive Ouganda. Début 2025, les équipes de HI ont mené des actions de sensibilisation aux bonnes pratiques face à l'épidémie d'Ebola. | © HI

Le 15 mai 2026, l’Organisation mondiale de la Santé déclarait une nouvelle épidémie de la maladie d’Ebola, due à la souche du virus Bundibugyo, et insistait sur l’urgence pour la santé publique à échelle internationale que constitue sa propagation. Dès les premiers jours, HI s’est mobilisée en République démocratique du Congo et en Ouganda, là où l’épidémie gagne du terrain le plus rapidement, pour contribuer à la réponse humanitaire et aider les populations à faire face.

En RDC, soutenir les efforts logistiques pour coordonner la réponse dans l’est du pays

Une épidémie inquiétante et complexe à contenir

Le 15 mai 2026, l’Organisation mondiale de la Santé déclarait une nouvelle épidémie de la maladie d’Ebola et insistait sur l’urgence pour la santé publique à échelle internationale que constitue sa propagation.

Cette 17e épidémie d’Ebola en RDC est particulièrement préoccupante : la souche du virus, Bundibugyo, est assez rare et il n’existe à ce jour aucun traitement pour soigner les malades. La maîtrise de l'épidémie repose ainsi entièrement sur la détection précoce, les soins et une prévention efficace auprès des communautés exposées. Selon l’OMS, en date du 8 juin 2026, 101 personnes sont décédées de la maladie et plus de 550 cas confirmés sont considérés comme des cas suspects.

« La propagation de l’épidémie d’Ebola intervient dans un contexte de crise prolongée dans l’est de la RDC, marqué par l’insécurité chronique et les déplacements de population... Dans le Nord-Kivu et en Ituri, les contraintes d’accès, l’insécurité persistante et les défis d’acceptation communautaire limitent les efforts de réponse, tandis qu’un système de santé fragilisé par des années de conflit et de sous-investissement peine à répondre efficacement à l’ampleur de la crise. »

Baptiste de Gaillande, Directeur de Handicap International en RDC

Par ailleurs, les acteurs humanitaires doivent faire face à la méfiance de la population : des patients quittent les hôpitaux sans autorisation, des faits de violence sont dirigés à l’encontre des centres de santé… Le rôle de la sensibilisation est crucial pour faire prendre conscience aux habitants et aux habitantes concernés des risques encourus et contenir au mieux l’épidémie.

C’est dans l’est du pays que Handicap International (HI) via Atlas Logistique, son unité spécialisée dans l’acheminement de l’aide dans les zones les plus difficiles, concentre sa réponse dans la province de l’Ituri, là où l’épidémie évolue le plus rapidement.

Transporter, stocker, s’approvisionner… de multiples défis logistiques

Dès le 18 mai 2026, les équipes de HI et d’Atlas Logistique ont commencé à travailler avec plusieurs partenaires humanitaires, notamment les organisations Alima, Première Urgence Internationale et Medair, pour organiser les flux de transport de l’aide et stocker le matériel acheminé : équipements de protection contre le virus, tentes pour isoler les patients et prodiguer les premiers soins, médicaments, gel hydroalcoolique… Au total, Atlas Logistique a acheminé 46,5 mètres cubes de matériel, soit plus de 11 tonnes, de Goma vers la ville de Bunia, épicentre de l’épidémie.

Sophie Aït Belaïd, responsable des opérations Atlas Logistique en RDC, ajoute :

« Cette réponse est assez complexe, nous avons adapté la flotte de véhicules. Au lieu de camions, nous utilisons des véhicules plus légers, type 4x4. Cela nous permet de passer plus facilement lorsque l’état de la route est mauvais mais cela nous force à multiplier les allers-retours. Cela demande de l’organisation, mais surtout beaucoup de temps et, de fait, plus d’argent. »

Elle poursuit :

« Pour rejoindre Beni depuis Goma, il peut nous falloir jusqu’à 10 jours selon l’état des routes et la situation sécuritaire. Il faut compter encore une journée pour rejoindre la ville de Bunia en Ituri. Malheureusement, les espaces de stockage humanitaire de la ville de Bunia sont rapidement saturés, de nombreuses organisations nous demandent que leur matériel soit stocké à Beni dans le Nord-Kivu. »

Après une première mobilisation rapide, les organisations humanitaires s’efforcent désormais de structurer une réponse coordonnée à l’échelle de la région afin de limiter la propagation de l’épidémie, bien qu’elles soient confrontées à de nombreuses inconnues. Plusieurs cargaisons d’aide médicale sont en route depuis l’Europe et le Moyen-Orient, sans que leur date d’arrivée, ni leur destination finale, ne soient encore clairement établies. Cette incertitude complique la préparation des équipes, la préposition des stocks et l’organisation des interventions. Dans un contexte d’urgence sanitaire, c’est toute la chaîne d’approvisionnement qui se retrouve sous pression.

Ne laisser personne de côté

Quant aux activités dans le reste du pays, une analyse des risques et des mesures d’adaptation a été réalisée afin d’assurer leur continuité tout en minimisant les risques pour les personnes soutenues, les partenaires et les équipes de Handicap International.

Des équipements de protection ont notamment été mis à disposition du personnel. Les mesures de prévention, comme le lavage de mains, le contrôle de température et le port de masque, de gants et d’autres équipements de protection, ont été renforcées et des messages de sensibilisation et de prévention à la maladie d’Ebola sont intégrés aux activités.

« La restriction des mouvements aériens et transfrontaliers, dès les premiers jours de la crise, ainsi que la mise en place de contrôles importants par les autorités, limitent le déploiement des équipes, l’importation et l’acheminement du matériel vers l’épicentre de la crise. Des avancées ont été faites récemment avec la réouverture de certaines lignes ou de discussions avec les pays voisins, pour laisser passer les humanitaires, mais ces avancées ne permettent pas encore de restaurer l’accès nécessaire à une réponse efficace dans les zones les plus touchées. »

Baptiste de Gaillande

En Ouganda, mettre l’accent sur les personnes handicapées

Être handicapé en temps d’épidémie, un facteur de risque supplémentaire

Si l’Ouganda semble pour le moment moins affecté par l’épidémie d’Ebola que la RDC voisine, les personnes handicapées y font face, comme dans de nombreux autres pays du monde, à de multiples barrières en matière d’accès aux soins. Elles sont notamment exposées à un risque important d’exclusion des campagnes de sensibilisation, pourtant cruciales lorsqu’une épidémie se déclare, soit en raison de formats inaccessibles soit du fait de discrimination très enracinée. Cela signifie que des informations sanitaires essentielles pourraient ne jamais leur parvenir, amplifiant ainsi les risques qu’elles encourent face à la propagation de l’épidémie.

« Certaines personnes handicapées, en particulier celles présentant des pathologies liées à leur handicap, courent un risque nettement plus élevé de développer une forme grave de la maladie ou de décéder si elles sont exposées au virus. De nombreuses personnes handicapées dépendent également d’aidants pour leurs soins quotidiens ce qui rend, de fait, plus difficile encore d’éviter les contacts physiques, principale voie de transmission de la maladie. »

Pauline Nadim-Ducos, directrice de HI en Ouganda

Adapter les activités existantes

Présente en Ouganda depuis 2009, Handicap International intervient principalement auprès des personnes handicapées et des populations réfugiées, très vulnérables au risque d’exposition du virus du fait de leur santé plus fragile et de leurs conditions de vie souvent extrêmement précaires.

Pour soutenir la population face au virus Bundibugyo, l'association a contribué à la création d’outils multilingues, et accessibles, pour qu’un maximum de personnes bénéficient d’informations sur la prévention et les soins liés à la maladie Ebola : au total, plus de 2 500 affiches ont été imprimées et distribuées dans les districts de Terego, Maracha, Nebbi, Pakwach, Koboko, Kasese et Yumbe. Par ailleurs, HI a diffusé à la radio un ensemble de messages de prévention contre Ebola lors d’émissions de santé. Celles-ci ont été diffusées au sein des camps de réfugiés dans lesquels l’association intervient.

Handicap International a également formé des partenaires et des organisations de personnes handicapées en matière de préparation et de réponse inclusive à l’urgence sanitaire en cours. Enfin, l'association a fourni plusieurs thermomètres infrarouges aux soignants dans les camps de réfugiés du district de Terego et 600 couches aux équipes des services d’isolement qui prennent en charge des patients atteints de la maladie.

Aller plus loin pour répondre aux besoins du plus grand nombre

En plus des actions déjà en cours, HI a envisagé un ensemble d’activités pour maximiser l’impact de sa réponse et limiter la propagation de l’épidémie. Si celles-ci sont mises en œuvre, plus de 19 300 personnes handicapées pourraient être aidées.

Cette réponse comprendrait notamment des activités d’eau, d’hygiène et d’assainissement, comme l’installation de dispositifs de lavage de main accessibles à toutes et tous, là où les besoins sont encore peu couverts : marchés, écoles et centres de santé. En parallèle, Handicap International entend former les équipes d'une dizaine d'organisations partenaires aux bonnes pratiques inclusives d'hygiène en contexte d'épidémie.

« En plus de nos activités, il est crucial que nous participions aux discussions sur la situation pour garantir que des approches inclusives du handicap soient intégrées dans la réponse des autres organisations humanitaires, l’allocation des ressources et la prise de décision à tous les niveaux. »

Pauline Nadim-Ducos

Handicap International développerait également un important dispositif de sensibilisation : des campagnes mobiles avec des véhicules diffusant des messages de prévention enregistrés ainsi que des diffusions à la radio locale.

Par ailleurs, les équipes de l'association accompagneraient sur le plan de la santé mentale les personnes les plus vulnérables aux conséquences de l’épidémie, notamment les personnes handicapées et leurs aidants. Enfin, des distributions d’aide financières seraient organisées pour soutenir les populations et leur garantir un accès à la nourriture, aux services de base.

Publié le : 12 juin 2026
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