Piégé par la guerre : la vie de Mykhailo après une blessure causée par une mine
Mykhailo, 64 ans, est devenu handicapé à la suite d’une blessure causée par une mine dite “pétale”. Il se déplace en fauteuil roulant et dépend de sa femme, qui est sa principale aidante.
Mykhailo Illich s'entretient avec une travailleuse sociale de HI dans sa maison du village de Nova Husarivka. | © L. Hutsul / HI
Un logement inadapté à la guérison
Les revenus du ménage proviennent de sa pension et de ses prestations d'invalidité. La famille vit dans sa propre maison, qui a été partiellement endommagée par les explosions et qui n'est plus adaptée à leurs besoins. La porte d'entrée, bien que réparée en partie, reste endommagée, laissant passer l'air glacé et le gel en hiver. Il n'y a pas de seuil, ni de rampe accessible pour permettre l'accès à la rue en fauteuil roulant. La salle de bain n'est pas non plus adaptée et nécessite soit l'installation de mains courantes, soit le remplacement de la baignoire par une douche…
Sa femme l'aide dans ses soins quotidiens, mais ses problèmes physiques liés à l'âge rendent certaines tâches difficiles.
Voici comment le couple décrit le jour où Mykhailo Illich a marché sur la mine antipersonnel “pétale” et les événements qui ont conduit à cet accident.
Leur maison transformée en champ de bataille
Pendant les hostilités d'août 2022, une roquette contenant des armes à sous-munitions a atterri près de leur maison.
Mykhailo Illich se rendait en voiture chez son voisin lorsqu'il a entendu l'explosion d'une bombe à sous-munitions. À ce moment-là, ils avaient déjà appris à distinguer à l'oreille les explosions des différents types d'armes. Il a crié à tout le monde de se cacher, de se coucher par terre. Ce jour-là, tout le monde est sorti indemne. Après cette explosion, avec leurs voisins, ils ont trouvé plus de 70 “pétales” de cette arme à sous-munitions dans leurs jardins et ont été contraints de les ramasser avec leurs propres mains pour se protéger tant bien que mal.
En septembre 2022, alors que lui et sa femme ramassaient du bois pour chauffer leur maison, car il n'y avait ni gaz ni électricité dans le village à cette époque, tout ayant été détruit, il a marché sur un pétale qui s'était perdu dans une branche d'un abricotier que l'explosion avait abattu.
Mykhailo raconte :
« Mon pied a été arraché. L'ambulance a mis beaucoup de temps à arriver car les ponts menant au village avaient été détruits. Des filles du village m'ont prodigué les premiers soins, m'ont fait un garrot et m'ont donné des analgésiques. Ensuite, elles m'ont aidé à me rendre au centre du district où on m'a amputé d'une partie de la jambe, mais une gangrène gazeuse s'est déclarée et on a dû m'amputer la jambe au-dessus du genou pour me sauver la vie. »
Tenir bon malgré la douleur et l'épuisement
Nadiia, la femme de Mykhailo, témoigne :
« Tout cela s'est passé sous mes yeux. C'était horrible à voir ! Nous souffrons tous des conséquences de la guerre... Mentalement, ce n'est pas facile. Mon fils, soumis au stress constant des explosions et des bombardements, a développé un diabète. J'essaie de me préserver en m'occupant de mes plantes dans le jardin et en faisant des activités créatives. Quand mes mains sont occupées, ma tête est aussi plus légère. Cependant, je n'ai plus la force de faire tout cela ; je me sens très épuisée. »
HI aide les laissés-pour-compte à se reconstruire
Handicap International apporte un soutien complet au couple, en transmettant les besoins des victimes à des organisations partenaires afin de répondre aux besoins de réparation du logement, en fournissant une aide financière pour répondre aux besoins prioritaires et en assurant le transport vers les prestataires de services médicaux. Le couple exprime sa gratitude pour le travail des organisations publiques, car de nombreux besoins urgents restent insatisfaits.
Lacunes des transports publics
Dans la plupart des cas, les services de santé sont inexistants et les visites chez le médecin de famille sont irrégulières. Pour bénéficier de soins de santé qualifiés, les habitants sont contraints de se rendre dans les centres régionaux ou départementaux, un processus rendu plus complexe par le manque de transports publics accessibles. Dans ces conditions, la seule alternative est d'organiser un trajet assuré par des organismes publics.
Le manque d'accès à la réadaptation
Le manque d'accès aux services de réadaptation crée des obstacles supplémentaires pour les personnes handicapées, les victimes de conflits et d'autres groupes vulnérables.
Dans de nombreuses communautés touchées par la guerre, la réadaptation reste un besoin non satisfait plutôt qu'un droit garanti. Les personnes qui ont perdu des membres, subi des blessures graves ou qui vivent avec des douleurs chroniques ont du mal à accéder aux services de réadaptation les plus élémentaires. Il existe peu d'établissements spécialisés en dehors des centres régionaux, et les longues distances, les infrastructures insuffisantes et le manque de moyens de transport rendent presque impossible le suivi régulier des traitements.
En conséquence, de nombreux survivants sont contraints de se rétablir chez eux, sans aide professionnelle, dépendant de leurs proches pour les soins et le soutien. Cela retarde non seulement leur rétablissement physique, mais aggrave également leur isolement, leur dépendance et leur détresse émotionnelle. Pour les aidants âgés ou les familles aux ressources limitées, l'absence de services de réadaptation ajoute une difficulté supplémentaire à une vie déjà marquée par la perte et le déplacement.
Le courage face à la guerre
Malgré la douleur et les pertes causées par la guerre, Mykhailo et Nadiia continuent de puiser leur force dans les petits moments de normalité : s'occuper de leur jardin, se soutenir mutuellement et rester en contact avec leurs voisins. Avec le soutien de Handicap International et d'organisations partenaires, ils reconstruisent lentement leur vie, petit à petit. Le chemin à parcourir reste difficile, mais la détermination de Mykhailo est inébranlable.
« J'ai perdu ma jambe, mais pas ma volonté de vivre. Chaque jour, quand je me réveille, je remercie Dieu d'être encore là, de pouvoir voir ma femme, sentir le soleil et espérer la paix. C'est cet espoir qui me fait avancer. »
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