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Détruire les restes de guerre pour sauver des vies

Déminer les terres
Mali

Responsable d'une équipe de démineurs de Handicap International, Adrien conduit dans le Nord du Mali des opérations de dépollution de restes explosifs de guerre pour permettre aux habitants de vivre en sécurité.

© J-J. Bernard / Handicap International

Adrien, 31 ans, est chef d'une équipe de démineurs déployée dans le Nord du Mali depuis mai 2013. Leur mission consiste à dépolluer, c'est à dire repérer, neutraliser et détruire tous les restes explosifs de guerre.

Pour comprendre la pertinence de notre action, il suffit d'avoir en mémoire un accident intervenu en juin 2013 à Diabaly. Un berger a rapporté un engin explosif dans sa maison. Ses enfants ont joué avec et l'engin a explosé. Un petit de 4 ans a été tué sur le coup, trois autres enfants ont été blessés », raconte Adrien.

Plus de 29 000 engins non explosées découverts

Les résultats sont conséquents : sur 18 des 55 zones identifiées comme dangereuses, 28 827 cartouches, 262 grenades, 170 roquettes, 39 fusées et 28 obus de mortiers ont été trouvés.

Quand il faut débarrasser le sol de la végétation, des reptiles et des gravats dans les bâtiments bombardés, la dépollution avance au rythme de 2 500 m² par jour. Mais sur un terrain plus désertique, la moyenne peut atteindre 5 000 m² par jour. « Ces opérations impliquent une attention sans faille. Il s'agit d'une approche visuelle, les restes explosifs de guerre n'étant pas enfouis dans le sol. Pour que les démineurs restent parfaitement concentrés, la journée démarre à 6 h 30, avec des plages de repos toutes les 50 minutes. Sur une journée, on peut trouver trois ou quatre munitions, et parfois beaucoup plus. 4 000 petites munitions ont été découvertes au cours d'une seule journée l'été dernier », souligne Adrien.

Pour le jeune homme, c'est une vraie satisfaction de permettre aux habitants de se déplacer à nouveau librement dans leur village, de cultiver leurs terres ou de puiser de l'eau sans danger.

« Les Maliens qui habitent ici ont connu la guerre. Ils ont souvent dû quitter leur maison et tout ce qu'ils avaient. Nous sommes dans un pays où l'équilibre économique est très précaire. Il est donc nécessaire de leur permettre de redémarrer leur existence là où ils ont toujours habité », explique t-il.
Publié le : 24 avril 2012
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