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Au Niger, HI soutient la population face à la crise sécuritaire et climatique

Urgence
Niger

Les régions de Tillabéri et de Diffa font face à une crise humanitaire due à la violence armée au Sahel. Handicap International y déploie depuis 2021 un programme qui a déjà permis de soutenir plus de 32 000 personnes.

Un groupe de personnes est assis au sol sur des tapis et nattes aux motifs colorés, disposés à l’ombre d’un grand arbre. Une personne se tient debout devant le groupe et présente des informations à l’aide de plusieurs affiches et panneaux.

À Tillabéri, une séance d’éducation aux risques liés aux engins explosifs. | © I. Abdoulaye / HI

Le Niger est l’un des pays les plus touchés par la crise sécuritaire qui frappe le Sahel. Dans les régions de Tillabéri et de Diffa, des groupes armés non étatiques multiplient les attaques depuis plusieurs années, plongeant les populations dans une grande vulnérabilité. Des centaines de milliers de personnes ont été contraintes de fuir leurs habitations. Dans les zones qui ont été attaquées, la présence d’engins explosifs improvisés contamine les sols et continue de blesser ou de tuer des civils, souvent incapables de les identifier. De plus, les aléas climatiques récurrents tels que les inondations et les sécheresses aggravent la situation et de nombreuses familles font face à une insécurité alimentaire.

C’est pour répondre à ces besoins que Handicap International a mis en place un programme visant à fournir une aide humanitaire et améliorer la sécurité et l’accès des communautés vulnérables affectées par les conflits. Ce projet est déployé dans plusieurs communes afin de protéger les populations, promouvoir l’inclusion des plus vulnérables et soutenir la sécurité alimentaire.

Réduire l’impact de la violence armée et renforcer la cohésion sociale

Pour réduire les risques liés aux engins explosifs, Handicap International met en place des actions de sensibilisation. Ainsi, les équipes de l'association organisent des sessions d’éducation aux risques pour apprendre aux populations à reconnaître les mines, les signes d’indice de leur présence au sol, à éviter les zones dangereuses et à adopter les bons comportements face à un objet suspect.

Pour pérenniser cette action, des points focaux et des leaders communautaires ont été formés dans chaque commune. À leur tour, ces personnes sensibilisent les habitants et transmettent les alertes sur de potentielles zones contaminées. Grâce à ces actions, le nombre d’accidents et de décès liés aux engins explosifs diminue progressivement depuis 2021.

En parallèle, le projet déploie un dispositif d’assistance dédié aux victimes d’engins explosifs. Celles-ci bénéficient d’une prise en charge globale comprenant des soins médicaux et la fourniture d'une prothèse si nécessaire. Elles reçoivent aussi un accompagnement psychosocial ainsi qu'un appui à la réinsertion économique. À ce jour, plus de 60 personnes ont été accompagnées dans ce cadre.

« Grâce à ce projet, nous avons sauvé de nombreuses vies. Nous constatons une diminution du nombre d’accidents. Lorsqu’une personne victime d’un engin explosif subit une amputation, l’acceptation de cette situation est souvent difficile. Notre rôle est d’intervenir pour la soutenir. »

Moussa Sidikou Sanda, chef de projet pour Handicap International

Le projet intègre également un volet dédié à la cohésion sociale. Dans un contexte marqué par des tensions, notamment entre agriculteurs et éleveurs, des comités de paix ont été mis en place dans les localités d’intervention. Formés par des spécialistes en médiation, ces comités contribuent à prévenir les conflits en facilitant le dialogue entre les communautés, réduisant ainsi les risques d’escalade des violences.

Inclure les plus vulnérables

Dans les situations de crise, certaines personnes sont souvent oubliées comme les personnes handicapées, les femmes, les personnes âgées et les enfants. Handicap International y remédie en plaçant l’inclusion au cœur de ses actions : en partenariat avec la Fédération nigérienne des personnes handicapées (FNPH), des formations sont organisées sur les droits, l’accessibilité et l’inclusion. Les personnes formées à l’inclusion mènent ensuite des actions de sensibilisation pour favoriser la participation de tous à la vie de la communauté. Des personnes handicapées ont également bénéficié d’aides à la mobilité, telles que des tricycles, des béquilles et des cannes. Ces équipements leur ont permis d’être autonomes dans leur quotidien.

« Nous avons soutenu les personnes handicapées à travers les formations et les sensibilisations à l’inclusion. Nous les avons également dotées de tricycles, de cannes ou de lunettes selon les besoins. »

Fatoumata Tatou Bako, chargée d’action humanitaire inclusive

Une activité phare de ce volet est l’organisation de consultations foraines médicales gratuites. Elles permettent à des populations éloignées des services de santé d’accéder, parfois pour la première fois, à des soins spécialisés en ophtalmologie, en ORL ou en kinésithérapie. À ce jour, plus de 32 000 personnes ont été prises en charge : certaines ont reçu des lunettes, d’autres ont bénéficié de petites interventions chirurgicales, d’autres encore ont retrouvé leur mobilité grâce à la kinésithérapie.

« Une jeune fille avait été maltraitée par sa belle-mère au point de ne plus entendre correctement. Elle a été prise en charge par un spécialiste. Aujourd’hui, elle est scolarisée et entend parfaitement. »

Moussa Sidikou Sanda

Les personnes accompagnées elles-mêmes soulignent l’importance de ces actions :

« Auparavant, je ne pouvais pas me rendre à mon lieu de travail. Aujourd’hui, grâce à l’appui de Handicap International, je possède mon propre tricycle. Je ne sens plus ce handicap. l'association nous a également dotés de nattes, de marmites et de couvertures. »

Maimouna Adamou, habitante de Tillabéri

Soutenir la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance

Face aux crises climatiques et économiques, le projet de Handicap International apporte également une aide directe aux ménages vulnérables. Des aides financières sont octroyées après des événements comme les inondations ou les sécheresses pour permettre aux habitants de couvrir des besoins urgents (se loger, se nourrir, etc.). Suite à de grosses inondations en 2025, 600 ménages de Diffa ont déjà reçu une aide financière d’environ 150 euros.

« Grâce à cet argent, plusieurs de nos besoins ont pu être satisfaits. Avec le deuxième versement, nous prévoyons d’acheter des vivres, ce qui nous réjouit encore davantage. »

Moussa Kanuri, habitant de Diffa

Pour les familles ayant perdu leur logement à cause d’un déplacement ou d’un sinistre, des kits d'abris ont été distribués, accompagnés de formations à la construction d’habitats résistants pour leur permettre de se reloger dans des conditions dignes et sécurisées.

« Aujourd’hui, grâce à Handicap International, nous avons pu construire cette belle maison. L'association m’a formé pour bâtir ce type d’habitat moderne et résistant. Nous pouvons y stocker nos vivres en toute sécurité. »

Adamou Oumarou, habitant de Diffa

Parallèlement, un appui supplémentaire est fourni aux ménages vulnérables sous forme de semences (mil, sorgho, arachide) afin de relancer les activités agricoles et renforcer l’autonomie alimentaire. Pour le bien-être des familles, le projet a aussi créé le programme des “mamans lumières”, des habitantes formées aux bonnes pratiques de nutrition et ensuite chargées de transmettre ces connaissances au sein de leurs communautés.

Un impact concret pour les communautés

Depuis le lancement du projet en 2021, les résultats sont visibles : réduction des accidents liés aux engins explosifs, amélioration de l’accès aux soins, renforcement de la cohésion sociale et soutien concret aux moyens de subsistance.

« Je peux le dire haut et fort : ce projet a eu des retombées très positives ! »

Moussa Sidikou Sanda

Le programme de Handicap International se poursuit grâce à une deuxième phase jusqu’à fin 2026 et avec l’ambition d'en déployer une troisième, afin de continuer à protéger, inclure et soutenir durablement les populations les plus vulnérables du Niger.

Publié le : 22 avril 2026
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