Plus de 1 000 victimes des armes à sous-munitions en 2025
Le rapport 2026 de l’Observatoire des armes à sous-munitions révèle que le nombre de victimes reste extrêmement élevé dans le monde en 2025, avec 1 063 personnes tuées ou blessées, dont 87 % de civils.
Lors de la Conférence d'examen du Traité d'Oslo en septembre 2026 au Laos. | © HI
Des armes à sous-munitions ont été utilisées par l'Iran, le Myanmar, la Russie, la Thaïlande et l'Ukraine ; d'autres utilisateurs possibles n'ont pas pu être confirmés. Le retrait de la Lituanie de la Convention d’Oslo (ou Traité d’Oslo, qui interdit les armes à sous-munitions) en 2025 constitue un coup dur porté à son efficacité. Les États se sont réunis à l'occasion de la troisième Conférence d'examen du Traité en septembre dernier à Vientiane, au Laos, où Handicap International les a appelés à réaffirmer leur engagement contre les armes à sous-munitions.
Lire notre article : Les armes à sous-munitions, c’est quoi ?
Une évolution préoccupante en 2025
Le rapport 2026 de l’Observatoire des armes à sous-munitions fait état d'un niveau extrêmement préoccupant de dommages causés aux civils par les armes à sous-munitions, avec 1 063 victimes recensées dans le monde pour la seule année 2025, soit le deuxième bilan annuel le plus élevé depuis que le l’Observatoire collecte des données.
Les civils ont représenté 87 % des victimes en 2025 ; les enfants restent particulièrement vulnérables face aux sous-munitions non explosées.
« En partageant nos histoires et nos expériences, des survivants comme moi aident à mieux comprendre les défis et les besoins des victimes. Nos voix jouent également un rôle essentiel pour plaider en faveur d'un soutien renforcé du Traité d’Oslo, de l’assistance aux victimes et de la poursuite des efforts pour éliminer l'impact des armes à sous-munitions. Malheureusement, nous ne sommes plus une priorité pour de nombreux bailleurs de fonds, c'est pourquoi le plaidoyer sur les armes à sous-munitions reste si important. Nous devons inverser la récente baisse de financements, pour garantir que les communautés affectées et les survivants de ces armes continuent de recevoir l'assistance dont ils ont besoin. »
Thoummy Silamphan, survivant à 8 ans des armes à sous-munitions au Laos devenu militant pour leur interdiction
Des victimes d'attaques par armes à sous-munitions (946 personnes) et de restes explosifs de guerre (117) ont été recensées dans neuf pays en 2025 : Afghanistan, Cambodge, Irak, Laos, Liban, Myanmar (Birmanie), Russie, Syrie et Ukraine.
Pour la quatrième année consécutive, l'Ukraine enregistre le plus grand nombre de victimes, reflet de l'utilisation continue et dévastatrice de ces armes dans les zones de conflit : le pays a recensé au moins 927 victimes d'armes à sous-munitions en 2025 (902 dues à des attaques et 25 à des restes explosifs).
« Chaque année, les civils représentent la grande majorité des victimes. On peut être victime d'une arme à sous-munitions pendant une attaque ou longtemps après la fin des combats, car de nombreuses sous-munitions n'explosent pas à l'impact. Ces restes explosifs ont les mêmes effets que les mines antipersonnel, continuant à tuer ou mutiler des civils – en particulier des enfants – pendant des années. Les États qui utilisent ces armes aujourd'hui, qu'ils aient ou non rejoint le Traité d’Oslo, doivent être condamnés sans équivoque. Le retrait de la Lituanie du Traité en 2025 a fragilisé les normes humanitaires en matière de désarmement. Les États parties qui se sont réunis à la troisième Conférence d'examen au Laos en septembre dernier doivent réaffirmer leur engagement ferme envers le Traité et leur condamnation de toute utilisation de ces armes par tout État. »
Anne Héry, directrice du plaidoyer à Handicap International
L'importance de ce Traité
Au total, 27 pays et 2 territoires restent contaminés par des restes d'armes à sous-munitions, et deux zones supplémentaires sont soupçonnées de l'être.
Les États parties au Traité d’Oslo contaminés par des restes d'armes à sous-munitions ont dépollué 113,98 km² de zones dangereuses grâce au déminage et aux enquêtes de terrain en 2025, soit une hausse de plus de 15 % par rapport à 2024.
La dépollution des terres a permis la destruction d'au moins 64 898 restes de sous-munitions en 2025, contre 83 452 en 2024, alors même que la superficie des terres dépolluées a augmenté.
Le défi du déminage des armes à sous-munitions
Les armes à sous-munitions se dispersent sur de vastes zones, laissant souvent derrière elles des centaines de sous-munitions non explosées. Beaucoup n'explosent pas à l'impact et agissent comme des mines cachées pendant des années. On les retrouve souvent dans des champs, des villages et des écoles, mettant en danger les civils, en particulier les enfants.
Le déminage des armes à sous-munitions est extrêmement dangereux en raison du risque élevé de détonation accidentelle, en particulier avec des sous-munitions instables ou détériorées, ce qui représente une menace importante non seulement pour les civils, mais aussi pour les équipes de déminage.
Les sous-munitions sont détruites par explosifs sur le lieu même où elles sont trouvées et, dans de nombreux cas, ne sont pas déplacées. Cela nécessite des équipes hautement qualifiées, du matériel spécialisé et des opérations de longue durée.
Le Traité d’Oslo en danger
La Lituanie s'est officiellement retirée du Traité d’Oslo de 2008 interdisant les armes à sous-munitions, avec effet depuis mars 2025. Cette décision survient dans un contexte de risque d'érosion progressive et inacceptable des normes internationales ces dernières années.
Le rapport 2026 de l’Observatoire recense également 18 pays producteurs (ou États qui se réservent le droit de l'être) d'armes à sous-munitions : Brésil, Chine, Égypte, États-Unis, Grèce, Inde, Iran, Israël, Myanmar (Birmanie), Corée du Nord, Pakistan, Pologne, Roumanie, Russie, Singapour, Corée du Sud, Turquie et Ukraine. Les preuves les plus récentes de production en 2026 concernent la Chine, la Corée du Nord, la Corée du Sud, l'Inde, Israël, la Roumanie et la Russie.
Les deux tiers des pays de la planète engagés
Le Traité d’Oslo – ou Convention d'Oslo – interdisant les armes à sous-munitions a été adopté le 30 mai 2008. Il a été ouvert à signature les 3 et 4 décembre 2008 et est officiellement entré en vigueur le 1er août 2010. À ce jour, 112 États en sont États parties, avec 12 signataires supplémentaires soit un total de 124 États engagés envers les normes strictes et globales du Traité. Cela représente plus de 60 % des nations du monde.
Une question ? Une remarque ? Nous sommes à votre écoute !
Relation Donateurs
Contactez notre équipe du lundi au vendredi de 9h à 18h au 04 78 69 67 00 ou à [email protected]
Au plaisir d’échanger !
> Voir aussi la FAQ
Équipe Mobilisation
Vous souhaitez devenir bénévole ou partager des idées d’actions solidaires ?
> Rendez-vous sur l’espace dédié
Relations Presse
Journalistes, médias : notre attachée de presse Clara Amati est joignable au 06 98 65 63 94 ou par mail [email protected]
> Voir l'espace Presse
Collectes frauduleuses
Des escroqueries à la charité peuvent être commises en notre nom dans l'espace public, par téléphone ou par e-mail. Consultez notre page dédiée pour toute information ou contactez-nous directement au 04 78 69 67 00 ou par e-mail : [email protected]
« Chaque année, les civils représentent la grande majorité des victimes. On peut être victime d'une arme à sous-munitions pendant une attaque ou longtemps après la fin des combats, car de nombreuses sous-munitions n'explosent pas à l'impact. Ces restes explosifs ont les mêmes effets que les mines antipersonnel, continuant à tuer ou mutiler des civils – en particulier des enfants – pendant des années. Les États qui utilisent ces armes aujourd'hui, qu'ils aient ou non rejoint le Traité d’Oslo, doivent être condamnés sans équivoque. Le retrait de la Lituanie du Traité en 2025 a fragilisé les normes humanitaires en matière de désarmement. Les États parties qui se sont réunis à la troisième Conférence d'examen au Laos en septembre dernier doivent réaffirmer leur engagement ferme envers le Traité et leur condamnation de toute utilisation de ces armes par tout État. »