Séismes au Venezuela : « Des conséquences à plus de dix ans »
Près de deux mois après les séismes qui ont frappé le pays, les besoins des sinistrés évoluent et s’ancrent dans leur vie quotidienne. Après sa réponse d’urgence, Handicap International met en place une aide durable.
L'heure est désormais à la reconstruction à La Guaira. | © HI
L’évolution de la situation et des besoins
Le double séisme du 24 juin dernier a plongé le Venezuela dans le chaos. Des routes et des bâtiments ont été complètement détruits, des milliers de personnes se sont retrouvées privées d’abri, d’accès à l’eau, à la nourriture et aux soins et les moyens de communication étaient très instables, contribuant à renforcer l’angoisse et l’inquiétude.
Pendant les jours qui ont suivi, l’urgence a été de sauver les personnes coincées sous les débris.
« Je suis née à La Guaira, c’est un endroit que je connais très bien. La première fois que je m’y suis rendue après le séisme, j’ai été très choquée. Des quartiers entiers étaient vidés de leurs habitants. En même temps, ça faisait chaud au cœur de voir la forte mobilisation communautaire qui s’est mise en place très rapidement. »
Beatriz Armada, responsable des opérations de HI au Venezuela
Près de deux mois après la catastrophe, les besoins sur place évoluent. Après l’urgence des premières semaines, l’heure est à présent au déblaiement des gravats et à la pérennisation des solutions d’urgence pour les personnes déplacées, comme le souligne Beatriz Armada :
« Il ne s’agit pas seulement de déblayer, il faut aussi permettre à toutes les personnes sinistrées de retrouver un logement, un travail, une vie quotidienne. Des solutions d’hébergement pendant plusieurs mois doivent être proposées, car les bâtiments détruits ne seront pas reconstruits rapidement. Il faut aussi garantir l’accès à l’eau potable, à la nourriture et aux différents services de santé et de protection, en incluant tout le monde, en particulier les personnes handicapées. »
De nombreux centres de santé ont subi des dommages, plusieurs écoles ont été transformées en hébergements temporaires. Il s’agit donc de permettre la reconstruction des infrastructures et des logements, et de rouvrir l’accès aux services.
« Il y a de nouveaux besoins car les services comme la santé ou l’éducation doivent retrouver leur fonctionnement habituel. Par exemple, comment va-t-on faire en septembre au moment de la rentrée scolaire ? Il y a beaucoup de questions qui se posent dès à présent mais qui resteront prégnantes pendant des années », poursuit Beatriz Armada.
Une aide humanitaire qui évolue
Dans un premier temps, les équipes de Handicap International (HI) se sont concentrées sur les soins de réadaptation physique et fonctionnelle, l’accompagnement en santé mentale, la fourniture de produits d’assistance tels que des fauteuils roulants, des cannes, des béquilles, ainsi que la distribution de produits de première nécessité comme des kits d’hygiène.
« Des kinésithérapeutes ont été déployés pour apporter des soins de réadaptation précoce. Dans les premières heures, beaucoup de personnes ont subi des amputations ou des fractures, certaines ont été écrasées sous les débris. Il est crucial de commencer la rééducation au plus vite pour éviter les complications », précise Beatriz Armada.
À ce jour, les équipes de l'association ont réalisé plus de 260 séances de réadaptation individuelles, distribué près de 100 kits à des personnes vivant dans des abris temporaires, accompagné une trentaine de personnes en santé mentale et appui psychosocial et fournit une vingtaine d’aides à la mobilité (fauteuils roulants, béquilles, etc.).
Anticiper les besoins à long terme
Après avoir concentré son aide dans les zones les plus affectées de La Guaira et de Caracas, Handicap International prévoit désormais d’élargir ses opérations et d’étendre l’aide à l’ensemble des sept États vénézuéliens affectés par les séismes, directement ou par le biais d'organisations partenaires.
Ainsi, dès la mi-août, neuf nouveaux kinésithérapeutes et sept nouveaux psychologues se sont joints aux équipes déjà en place pour renforcer les services apportés aux populations. L’objectif pour l'association est de garantir un suivi au cours des prochains mois et années pour les personnes qui en ont besoin.
« On parle d’un processus post-catastrophe qui va prendre des années. Nous voulons prévoir un accompagnement à long terme en réadaptation et en santé mentale pour les personnes handicapées ou pour celles qui ont vécu un traumatisme, car nous savons qu’il faut du temps pour s’en sortir et pouvoir se reconstruire », ajoute Beatriz Armada.
Handicap International prévoit également d’apporter de nouvelles aides, comme la fourniture de technologies d’assistance personnalisées en fonction des besoins de chaque personne (loupes, appareils auditifs, tablettes, etc.). L’enjeu est également d’adapter tous les services – santé, logement, éducation, emploi – pour inclure les personnes handicapées. Ainsi, HI prévoit de lancer des séances de sensibilisation au handicap au sein des hébergements d’urgence et dans les centres de santé afin que les personnes handicapées soient mieux prises en compte et incluses dans les prises de décision.
« Je pense qu’on parle de conséquences de ces séismes à plus de dix ans. Nous commençons à déployer l’aide pour les six prochains mois mais nous pensons déjà aux deux ou trois prochaines années, en espérant que les financements suivront. Il ne faut pas oublier que ces séismes ont frappé alors que le Venezuela traversait déjà une crise, ce qui rend l’aide d’autant plus complexe et nécessaire », conclut Beatriz Armada.
Une question ? Une remarque ? Nous sommes à votre écoute !
Relation Donateurs
Contactez notre équipe du lundi au vendredi de 9h à 18h au 04 78 69 67 00 ou à [email protected]
Au plaisir d’échanger !
> Voir aussi la FAQ
Équipe Mobilisation
Vous souhaitez devenir bénévole ou partager des idées d’actions solidaires ?
> Rendez-vous sur l’espace dédié
Relations Presse
Journalistes, médias : notre attachée de presse Clara Amati est joignable au 06 98 65 63 94 ou par mail [email protected]
> Voir l'espace Presse
Collectes frauduleuses
Des escroqueries à la charité peuvent être commises en notre nom dans l'espace public, par téléphone ou par e-mail. Consultez notre page dédiée pour toute information ou contactez-nous directement au 04 78 69 67 00 ou par e-mail : [email protected]
