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Fatima, mère d’une enfant handicapée dans une Syrie déchirée par 14 années de guerre

Réadaptation
Syrie

Aesha, 1 an et demi, est née avec un handicap moteur cérébral. Peu d’établissements sont en mesure de gérer ce handicap en Syrie, comme en témoigne sa mère Fatima.

En Syrie, une petite fille d'un an et demi pendant une séance de kinésithérapie.

Aesha pendant une séance d'exercices de renforcement du bassin. | © N. Bimbashi / HI

Un handicap à la naissance

« Je suis originaire de la région d’Alep, je viens d’un village appelé Al Kusaybah. Peu après mon mariage, mon mari et moi avons fui le conflit syrien et nous sommes réfugiés en Turquie en 2021. Nous y avons passé cinq ans avant de rentrer chez nous.

Aesha est née l’année dernière après notre retour en Syrie. C’est mon deuxième enfant. Au bout de quelques mois, j’ai compris que quelque chose n’allait pas. Elle a tardé à être capable de s’asseoir, de se lever et de marcher. Les gens n’arrêtaient pas de me dire qu’elle souffrait peut-être d’un retard de développement, mais je ne comprenais pas ce qu'il se passait.

Finalement, on a diagnostiqué chez Aesha un handicap moteur cérébral, qui provoque une atrophie musculaire.

La rééducation, une aide cruciale

Des proches nous ont parlé de la clinique Salah Al Din à Alep. Ils s’y étaient déjà rendus et savaient que des services de kinésithérapie y étaient proposés. On m’a dit que la kinésithérapie était bénéfique pour les enfants comme Aesha.

Elle a commencé ses séances de kinésithérapie en janvier 2026. Nous venons en voiture chaque semaine pour les séances. Au début, elle suivait deux séances par semaine. Aujourd’hui, je constate la différence. Elle a fait des progrès considérables, et cela me donne de l’espoir.

Aesha présentait une faiblesse des muscles du cou et un mauvais contrôle des mouvements cervicaux. Elle était incapable de se retourner lorsqu’elle était allongée, une étape du développement généralement franchie par les nourrissons vers l’âge de 4 mois. Elle ne parvenait pas non plus à s’asseoir seule.

Bien qu’elle puisse tenir des objets grâce au réflexe de préhension, elle était incapable de les lâcher intentionnellement. Cette limitation affectait sa capacité à se nourrir seule, à jouer et à interagir avec d’autres enfants. Elle était également incapable de se tenir debout ou de marcher, bien qu’elle ait atteint l’âge de la marche.

Cela limitait considérablement sa participation aux jeux et ses interactions sociales. Tout cela me demandait aussi plus d’attention en tant que mère.

Répéter les exercices

Avec la kinésithérapeute de Handicap International, Aesha fait des exercices qui l'aident à développer la force et l'équilibre nécessaires aux gestes du quotidien. La thérapie vise à améliorer sa posture, sa stabilité et sa mobilité, tout en favorisant son développement global et en l'aidant à franchir des étapes qui peuvent s'avérer plus difficiles en raison de son état.

« Aesha a 17 mois. Elle maîtrise désormais parfaitement les muscles de son cou et de son tronc. Elle peut passer seule de la position couchée à la position assise et elle sait ramper. Elle est capable d’utiliser ses deux mains pour saisir et lâcher des objets, ou encore pour manger, jouer et effectuer certaines activités quotidiennes ; elle peut se tenir debout avec un soutien minimal et marcher avec de l’aide. Le parcours reste difficile, car ce handicap nécessite un suivi à long terme et continu afin de garantir une amélioration durable et d’optimiser, au fil du temps, les capacités fonctionnelles et l’autonomie de l’enfant. »

Ramziah Albitar, spécialiste Santé de Handicap International

Continuer les soins à la maison

L'équipe de Handicap International m'a expliqué la pathologie dont souffre Aesha, l'approche thérapeutique adoptée et l'importance de la stimulation sensorielle et visuelle. Le kinésithérapeute m'a appris à réaliser les exercices thérapeutiques prescrits lors des séances de kinésithérapie, afin que je puisse poursuivre ces exercices à la maison et assurer la continuité des soins. »

Ramziah Albitar de conclure :

« Afin d’améliorer le contrôle du tronc, la force musculaire et l’utilisation des deux membres supérieurs lors d’activités, nous demanderons par exemple à Fatima de reproduire l'exercice suivant avec Aesha : celle-ci en position assise soutenue, avec l’aide nécessaire, Fatima utilise des jouets et des stimuli visuels ou auditifs pour encourager sa fille à utiliser ses deux mains. Le tronc d’Aesha est guidé doucement d’un côté à l’autre tout en l’encourageant à maintenir sa position assise et à participer activement à l’activité. »

Publié le : 21 juillet 2026
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