Après les inondations au Népal, HI met en place une réponse inclusive
Six jours après la crue dévastatrice au Népal, la situation reste dramatique. L'équipe de Handicap International est sur place auprès des survivants pour identifier les besoins et apporter une réponse inclusive qui n'oublie personne.
Les équipes de HI dans le district de Nuwakot s'entretiennent avec les sinistrés et évaluent leurs besoins. | © HI
Six jours après la catastrophe, une situation qui reste chaotique
Les inondations au Népal continuent d’endeuiller le pays. Le bilan s’alourdit jour après jour, avec désormais plus de 1 000 morts et 4 400 personnes disparues selon les derniers chiffres des autorités. Les recherches sont toujours en cours pour retrouver des survivants et évacuer les personnes sinistrées.
Certaines régions durement touchées restent très difficiles d’accès, de nombreux ponts étant complètement détruits et les routes endommagées, bloquées par les débris et les coulées de boue. De plus, les télécommunications ne sont pas encore totalement rétablies et certaines zones sont encore coupées du reste du pays.
Une équipe de Handicap International (HI) est cependant arrivée dans le district de Nuwakot, l’une des zones les plus touchées, dans les jours qui ont suivi la crue. Elle s’est notamment rendue dans les centres de santé et les hébergements d’urgence pour évaluer les besoins de celles et ceux qui y ont trouvé refuge et identifier les personnes qui nécessitent une aide spécifique, telles que les personnes handicapées, les personnes âgées ou les enfants.
« À notre arrivée à Nuwakot, nous avons tout de suite été frappés par le grand nombre de personnes qui circulaient sur les routes principales : familles, bénévoles, militaires et secouristes, tous travaillant de concert. J’ai été particulièrement marqué par les visages des personnes qui cherchaient leurs proches sur les listes des disparus. Dans leurs yeux se reflétaient l’espoir et la détresse. J’ai vu des mères portant leurs bébés et tentant par tous les moyens de retrouver leur mari ou leurs autres enfants, c'était un spectacle déchirant. Mais malgré la souffrance, il y a aussi des moments de solidarité et de résilience parmi la population qui rappellent la force et l’espoir qui animent la communauté. »
Rabindra Shrestha, spécialiste en réadaptation de HI
Pour les 10 000 personnes déplacées par la catastrophe, la situation reste extrêmement précaire : elles ont besoin d’abris temporaires pour les accueillir, avec accès à de l’eau potable et à des services d’hygiène ainsi qu’à de la nourriture. Étant donné la grande promiscuité dans laquelle vivent certains rescapés, une attention particulière est nécessaire pour que les enfants et les femmes soient à l’abri de potentielles agressions. Par ailleurs, les autorités surveillent de près le risque d’apparition de maladies.
Une réponse d’urgence adaptée
En lien étroit avec les autorités locales, les équipes de HI participent à l’évaluation des besoins des différentes communautés, en prenant particulièrement en compte les besoins des personnes handicapées, des personnes âgées, des enfants et des femmes. Cette étape est nécessaire pour prévoir une réponse adaptée aux besoins de chacun, comme l’explique Rabindra :
« À l'heure actuelle, il est difficile d'obtenir des informations précises en raison des difficultés d'accès. Les chiffres évoluent sans cesse, ce qui limite notre capacité à planifier des actions efficaces. Par ailleurs, nous travaillons avec nos partenaires locaux pour plaider en faveur des personnes qui sont plus vulnérables et œuvrons à la mise en place de services adaptés à leurs besoins spécifiques. La coordination entre les autorités, les ONG, les associations et les communautés est essentielle pour atteindre les populations touchées. »
Ainsi, Handicap International évalue les besoins en réadaptation dans les centres de soins et les abris temporaires. Les personnes blessées qui ont besoin de soins avancés et spécialisés sont transférées à Katmandou, mais certains centres accueillent des personnes ayant des blessures légères qui ont besoin de soins de rééducation. Par ailleurs, une centaine d’aides à la mobilité – fauteuils roulants, béquilles, etc. – ont été remises par l'association aux autorités pour être données aux personnes qui en avaient besoin.
« Il est difficile de se procurer des aides à la mobilité dans la situation actuelle, c’est pourquoi nous avons apporté ce stock d’urgence. Par ailleurs, nous constatons qu’il y a de grands besoins en santé mentale. Les rencontres que nous faisons nous rappellent la profonde détresse humaine qui se cache derrière cette catastrophe, la résilience des personnes touchées, leur souffrance silencieuse et le besoin urgent d’aide », poursuit Rabindra Shrestha.
Outre les services de réadaptation fonctionnelle, Handicap International a mobilisé ses partenaires locaux et se prépare à mettre en place un soutien en santé mentale et aide psychosociale ainsi qu’en protection, avec une équipe d’une dizaine de personnes dont l’arrivée sur le terrain est prévue dès le 3 septembre. L’équipe de HI se prépare également à élargir ses évaluations des besoins dans certaines zones parmi les plus difficiles d’accès, telles que Trishuli et Rasuwa.
Derrière chaque histoire de survivant, un appel à l’aide
Pendant ses journées sur place, Rabindra Shrestha rencontre beaucoup de survivants des inondations, des personnes qui, pour beaucoup, ont tout perdu.
« Lors de notre visite dans un hôpital, nous avons rencontré des personnes venues de la ville de Devighat, affectées par les inondations. Parmi elles se trouvait un homme âgé qui avait tout perdu : sa maison, ses biens… Pourtant, il répondait à nos questions avec un calme qui semblait presque imperturbable. C’était comme s’il avait accepté cette perte, faisant preuve de beaucoup de force dans son silence. Nous avons également rencontré une jeune mère et son enfant qui n’ont pas prononcé un seul mot. Ils se contentaient d’écouter en silence, s’imprégnant de tout ce qui les entourait. Lorsqu’ils ont appris que leur mari et père était porté disparu, leurs yeux se sont remplis de larmes, chargés d’une douleur silencieuse et d’un chagrin immense. Chaque personne affectée par les inondations a une histoire et derrière chaque histoire, il y a une famille qui appelle à l’aide. »
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