
Sandrine Chopin, chargée de mission pour Handicap International sera présente à Copenhague du 7 au 18 décembre, à la Conférence des Nations unies sur le changement climatique. L'association est signataire de l'Ultimatum climatique, parce que pour les pays du Sud, la question de survie se pose dès aujourd'hui.
En quoi Handicap International est concernée par le changement climatique ?
Le changement climatique est déjà vécu comme une catastrophe dans de nombreux pays. Nous intervenons aujourd'hui grâce au projet de réduction des risques dans des pays pauvres qui sont touchés de plein fouet par des désastres récurrents tels que les inondations, la sécheresse et les typhons. Le coût économique de ces désastres pèse énormément sur des économies déjà vulnérables. Il faut donc encourager et aider les populations à s'adapter et à être mieux préparées. La pauvreté engendre une grande vulnérabilité. De larges franges de populations vivent au bord de mer et sont donc les premières à être touchées lors de catastrophes naturelles. Il faut partout s'adapter à la température, aux inondations, à la disparition de certaines espèces animales, à la hausse du niveau de la mer et la salinité de l'eau (la montée du niveau de la mer contamine les terres cultivables) Les populations ont de plus en plus de difficultés pour accéder à l'eau potable.

Que fait Handicap International pour aider les victimes ?
Notre problématique principale est de préparer les populations au désastre et surtout de sauver des vies, sans oublier les personnes handicapées ou vulnérables. Nous souhaitons que les personnes handicapées soient systématiquement intégrées dans les actions d'urgence. Les centres d'évacuation doivent être accessibles à tout le monde. Les femmes enceintes avec plusieurs enfants ont souvent des difficultés pour y accéder lors de catastrophes.
En Inde par exemple nous pré-positionnons du matériel comme des matelas, des fauteuils roulants, des béquilles afin de secourir au plus vite. Il est aussi possible d'augmenter la capacité des gens à résister, en diversifiant les cultures, les revenus. Nous sommes actuellement présents dans des projets de réduction des risques liés aux désastres au Pakistan, au Népal, au Bangladesh , au Nicaragua et en Inde et préparons de nouveau projets pour l'Indonésie et les Philippines . A terme, il est nécessaire d'intégrer systématiquement la prévention des désastres dans tous nos projets.
Quelle est la principale demande de Handicap International à Copenhague ?
Responsabilité et solidarité vont de pair si nous voulons transmettre une planète viable aux générations futures. Le principe de justice sociale doit être au cœur du futur traité sur le climat. Les populations les plus vulnérables, parmi eux, les femmes plus durement touchées dans leur vie de tous les jours, les enfants, les personnes vivant avec un handicap ou une maladie chronique et les groupes socialement marginalisés ressentiront d'avantage les effets néfastes du changement climatique
Nous souhaitons mettre l'adaptation aux changements climatiques au même niveau que son atténuation. Il ne suffit plus de réduire la production des gaz à effet de serre, il faut aussi apprendre à vivre autrement .Pour les pays du Sud c'est une question de survie. Il faut que les gouvernements des pays développés financent cette aide aux pays du Sud afin de les aider à apprendre à vivre avec le changement climatique et à se préparer au mieux à faire face à tout ce qu'il engendre comme sécheresse, inondations et autres aléas climatiques.
Honduras : se préparer aux désastres, pour limiter les risques
Voir le diaporama sur nos actions en Inde