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Combattre les mines & les BASM

Les résultats 2009 de l'Observatoire des mines

« L’engagement français risque de tourner à la mascarade »

Portrait de JM.Boivin
© Sami ul Haq Sami / Handicap International

3 questions à Jean-Marc Boivin, responsable du plaidoyer et de l'action politique de Handicap International.

Quelles sont les révélations du nouveau rapport de l'Observatoire des mines ?
Au regard des informations sur la France, ce rapport est catastrophique. Les fonds dédiés par notre pays à l'action contre les mines antipersonnel ont diminué de plus de 90% en 4 ans, passant de 3,1 millions d'euros en 2005 à 300 000 en 2008.
Ce montant est dérisoire  comparativement aux financements accordés par les autres pays bailleurs et ridicule lorsqu'on connaît le coût des opérations de déminage ou d'assistance aux victimes effectuées sur le terrain :
A titre d'exemple au Sud Liban, Handicap International a mobilisé 3 équipes de 15 démineurs pour un coût de 100 000 euros par mois !
Mais hélas, les chiffres 2008 ne font que confirmer une tendance à long terme de la France qui se désengage toujours plus de l'action contre les mines et les restes explosifs de guerre.

Quelle est la stratégie française en matière de lutte contre les mines ?
Il n'y en a pas ! Regardez l'évolution des fonds dédiés à l'action contre les mines depuis 1999. Ils fluctuent au gré des opportunités et des projets sans aucune stratégie sur le long terme.
Par ailleurs, cela fait des mois que Handicap International alerte le ministre des Affaires étrangères sur le fait qu'il n'y a plus d'interlocuteur en charge des questions liées aux mines et aux restes explosifs de guerre au sein de son ministère... En vain.
Notre pays ne se donne pas les moyens d'appliquer correctement les traités d'Ottawa et d'Oslo qu'elle a soutenus et signés.

Bernard Kouchner a pourtant déclaré à de nombreuses reprises sa satisfaction de voir interdire les BASM.
Effectivement, c'est là tout le paradoxe français. Les déclarations de soutien et d'encouragement se multiplient alors même que des coupes sombres sont pratiquées.
Il faut être clair, sans une réelle reprise en main par la France de sa politique d'action contre les mines, l'engagement français risque de tourner à la mascarade !

Ce terrible constat intervient alors même que les besoins sur le terrain sont criants.
Nos équipes engagées auprès des populations touchées par les « restes explosifs de guerre » dressent chaque jour un bilan cruel des besoins en terme de déminage, dépollution, prévention des accidents mais aussi appareillage, rééducation, insertion sociale ... les victimes de ces armes, dont - il faut le rappeler-  un tiers sont des enfants, ne peuvent pas attendre ! Leur sort ne peut être suspendu aux difficultés budgétaires de la France.

C'était déjà le mot d'ordre des Pyramides de chaussures organisées le 26 septembre dernier, et nous le répétons aujourd'hui. Parce que nous avons le devoir de rester mobilisés.

Lire le communiqué de presse

Lire aussi la tribune de JB. Richardier publiée dans l'Humanité le 7 novembre 2009.