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La recherche contre l’injustice

Un jeune garçon essaie un prototype de prothèse.
© J Canicave / Handicap International

80 % des personnes en situation de handicap vivent dans les pays du Sud. Les plus pauvres, lorsqu'ils souffrent de déficiences motrices, y sont contraints de se passer des appareillages orthopédiques qui changeraient leur vie. Comment faire disparaître cette injustice ? Une nouvelle piste s'ouvre grâce à la recherche-développement (R&D).

En 2010, 30 millions de personnes en Afrique, en Asie et en Amérique latine auront besoin d'un appareillage orthopédique. Mais l'accès à des prothèses ou à des orthèses(les attelles, les corsets, etc.) y est impossible pour la majorité de la population pauvre.

« Depuis ses débuts il y a vingt-cinq ans, Handicap International s'est attachée à trouver des solutions locales pour fabriquer des appareillages efficaces et bon marché. Ces dernières années, ce souci a pris un tour plus scientifique avec les activités de R&D », explique Frédéric Joyeux, référent technique orthopédie. Cela passe notamment par la mise au point de nouveaux procédés de fabrication compatibles avec les ressources locales. Et selon le développement économique et social du pays, les possibilités sont très différentes.

Un art difficile

« En Sierra Leone, il n'est pas possible d'abandonner à court terme le cuir et le bois, car d'éventuelles réparations seraient extrêmement compliquées avec des matériaux plus modernes. En Indonésie, en revanche, la production en grande série de pièces métalliques peut s'envisager : la filière existe, l'outillage est disponible et les matériaux sont maîtrisés par les industriels et les artisans locaux », explique Julien Pasquier, ingénieur en mécanique. Le prototype d'une prothèse de fabrication moderne vient d'y être mis au point.

« L'art de l'orthoprothésiste tient à la façon dont il réussit l'emboîture de la prothèse, au niveau du moignon, pour obtenir l'angle et la longueur de membre voulus. Avec du bois sculpté ou des matières plastiques, le travail était long et très dépendant du talent du professionnel. Avec un système de tubes métalliques faciles à ajuster en hauteur et de composants modulables qu'il suffit de serrer ou desserrer pour obtenir l'angle recherché, le résultat sera globalement meilleur pour les patients », indique Julien Pasquier. Ensuite, viennent les tests mécaniques puis les tests cliniques avant d'envisager une diffusion à plus grande échelle. À la clé : un gain significatif de temps et d'argent qui se comptera en nombre de patients supplémentaires qui pourront être soignés et rééduqués.

Contexte

Il faudrait environ 180 000 professionnels (estimation de l'Organisation Mondiale de la Santé en 2005) pour appareiller les millions de personnes qui en auraient besoin dans les pays du sud. Or ces pays possèdent peu de centres de formation et, chaque année, ils ne diplôment pas plus de 400 spécialistes capables de fabriquer, d'ajuster des prothèses et d'apprendre aux patients à s'en servir. Certains pays comme le Niger ne comptent aucun orthoprothésiste.

Photo : Au centre de yakkum, en Indonésie, ce jeune garçon essaie un prototype de prothèse issu de nos recherches.

En savoir plus : lire le témoignage : "Nous allons gagner un temps précieux pour soigner"

Handicap International intervient auprès des personnes handicapées dans le cadre de sa mission d'aide humanitaire, notamment en Amérique Latine. Pour soutenir notre mission d'aide humanitaire en Amérique Latine, vous pouvez faire un don en ligne pour soutenir les missions humanitaires en Amérique Latine de notre association spécialisées dans le domaine du handicap.