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Une mine
© V.Braun

Au Cambodge, au Mozambique, en Angola... les équipes de Handicap International ont rapidement pris conscience qu'appareiller et rééduquer ne suffisait pas. Face à la détresse et à la souffrance des victimes de mines antipersonnel, toujours plus nombreuses, l'association a décidé de dénoncer le cynisme et la lâcheté de ces armes pour obtenir leur interdiction.

Handicap International s'est donc engagée en 1992 aux côtés de cinq autres ONG1 pour fonder la Campagne internationale pour interdire les mines antipersonnel (ICBL).
Pétitions, prises de parole publiques, interventions médiatiques, événements nationaux et internationaux... Pendant plus de cinq ans, Handicap International et les autres membres d'ICBL ont multiplié les interpellations aboutissant à une prise de conscience collective de l'atrocité de ces armes : plusieurs millions de citoyens ont signé la pétition pour obtenir l'interdiction des mines et témoigner leur soutien aux victimes. Cette mobilisation sans précédent de la société civile, couplée à des actions auprès des gouvernements ont abouti, le 3 décembre 1997, à la signature du Traité d'Ottawa interdisant l'utilisation, le stockage, la production et le transfert des mines antipersonnel et obligeant à leur destruction.

Le 10 décembre de la même année, le prix Nobel de la Paix a été décerné collectivement aux associations regroupées au sein de la Campagne internationale.

Aujourd'hui, Handicap International intervient de plusieurs manières pour améliorer les conditions de vie des populations civiles touchées par le fléau de ces armes :
Par le déminage des terres
Par l’éducation aux risques
Par l’assistance aux victimes
Par la lutte internationale pour l’interdiction de ces armes

Le combat continue

Près de quinze ans après la signature du traité, le rapport de l'Observatoire des mines2, dresse toujours un bilan accablant : bien que l'utilisation des mines décroisse, ces armes ensanglantent toujours près de 80 pays ou territoires, tuant ou mutilant une victime toutes les 90 minutes.

Le combat est plus que jamais nécessaire, sur le plan humanitaire, bien sûr, mais également sur le plan politique, pour faire pression sur les 40 Etats qui refusent toujours de signer le traité, et pour parvenir à une augmentation des fonds internationaux consacrés au déminage et à l'assistance aux victimes, aujourd'hui largement insuffisants pour couvrir des besoins colossaux.

 

1/ Human Rights Watch/Arms project (États-Unis), Medico International (Allemagne), Mines Advisory Group (Royaume-Uni), Physicians for Human Rights (États-Unis) et Vietnam Veterans of America Foundation (États-Unis).

2 / L'Observatoire des mines est un organisme issu de la Campagne internationale pour interdire les mines antipersonnel, conçu pour surveiller le respect du Traité d'Ottawa par les Etats parties et, plus généralement, pour évaluer la réponse de la communauté internationale au problème des mines antipersonnel. Publié chaque année depuis 1999, le rapport de l'Observatoire des Mines est coordonné par un Comité éditorial émanant de quatre organisations : Mines Action Canada, Handicap International, Human Rights Watch et Norwegian People's Aid.

Cofondatrice de la Campagne internationale contre les mines antipersonnel, Handicap International mène des actions en vue de sensibiliser la population aux dangers des mines antipersonnel et bombes à sous-munitions. Retrouvez sur notre site toutes les informations sur les actions de l'association contre les mines antipersonnel.

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