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Combattre les mines & les BASM

Conférence de Cartagène

Bonnes nouvelles de Grèce, mauvaises nouvelles de la France

Marion Libertucci
© S. Sommella / Handicap International

A l'image d'autres pays, la France, présente à la conférence de Carthagène, a souhaité confirmer sa volonté d'agir contre les mines. Malgré ses déclarations, elle reste cependant très loin des autres pays européens concernant le financement de la lutte antimines.
Explications de Marion Libertucci, responsable du plaidoyer sur les armes pour Handicap International présente à Carthagène.

La France est revenue sur la question des financements, souhaitez-vous réagir ?
Effectivement, la France a souhaité apporter un correctif en augmentant le montant des fonds qu'elle a dédiés à l'action contre les mines en 2008 passant ainsi de 300 000 euros à 1,2 million d'euros. Nous ne souhaitons pas entrer dans des débats d'experts ou des comptes d'apothicaires sur cette question. Même avec 1,2 million d'euros, la France se place très loin derrière l'Allemagne (18,1 millions d'euros) ou le Royaume Uni (16,9 millions d'euros). Puisque la France souhaite de nouveau aborder cette question, la réponse de Handicap International reste la même : il faut que notre pays prouve son engagement contre les mines en débloquant des sommes à la hauteur de ses promesses. Nous réitérons notre demande d'une augmentation des fonds à  hauteur de 15 millions d'euros par an sur 5 ans.

Quatre pays ont annoncé le déminage total de leur territoire, c'est plutôt une bonne nouvelle ?
Effectivement ! Les annonces du Rwanda, de l'Albanie, de la Grèce et de la Zambie sont importantes pour deux raisons. La première parce que cela prouve que les actions de déminage conduites par les Etats et les ONG comme Handicap International sont efficaces. Grâce au travail de fourmi conduit depuis des années, plus aucun habitant de ces pays ne sera désormais menacé par une mine, où qu'il aille sur le territoire, et ça c'est capital. La deuxième raison est plus symbolique. Alors que certains Etats parties viennent de demander des extensions de délai pour déminer entièrement leur territoire, l'annonce faite par ces quatre pays est une nouvelle encourageante. Même si, bien sur, le degré de pollution n'est pas comparable, cette nouvelle est quand même importante car elle montre que le travail progresse et qu'il est possible de déminer entièrement un territoire.

Comment interprétez-vous l'attitude américaine ?
En venant pour la première fois à une conférence internationale en tant qu'observateurs, les Etats-Unis font un pas dans la bonne direction. Les représentants de l'administration Obama ont annoncé hier qu'un réexamen complet de la politique américaine en matière de mines antipersonnel est en cours. Les cafouillages survenus la semaine dernière sur l'adhésion ou non des Etats-Unis au Traité d'Ottawa montrent que la question des mines est devenue particulièrement sensible aux Etats-Unis et que ceux-ci sont attentifs à ce que pense la communauté internationale à ce sujet.
Bien sur, nous aurions aimé que la conférence de Carthagène soit l'occasion pour les Etats-Unis d'annoncer leur adhésion au Traité. Mais nous maintiendrons la pression pour que l'ébauche d'évolution proposée par Washington se concrétise par une interdiction pure et simple de ces armes barbares et obsolètes.

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