En 1992, après dix ans de réparation des conséquences des mines antipersonnel, Handicap International s'investit dans la construction et la conduite d'un mouvement international. Elle fonde, avec 5 organisations1, la Campagne Internationale pour Interdire les Mines, avec un objectif clair : l'interdiction totale des mines. Pour y parvenir, elle s'engage résolument dans une campagne de pression sur les gouvernements et de mobilisation des opinions publiques et des médias.
Le 3 décembre 1997, grâce à la mobilisation exceptionnelle de la société civile, de toutes les autorités morales et de certains États comme le Canada, 123 pays signent le Traité d'interdiction des mines antipersonnel, qui porte sur l'interdiction de l'emploi, du stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel et sur leur destruction.
Le 10 décembre 1997, le prix Nobel de la paix est décerné collectivement aux associations regroupées au sein de la Campagne Internationale pour Interdire les Mines, aujourd'hui au nombre de 1 400, réparties dans une centaine de pays.
En 1998, la Campagne Internationale crée l'Observatoire des mines qui vise à contrôler la mise en application et le respect du Traité d'interdiction et, plus généralement, à évaluer les efforts de la communauté internationale pour résoudre le problème des mines.
Le 1er mars 1999, le Traité entre en vigueur, plus rapidement qu'aucun autre traité de désarmement ne l'a été dans l'histoire : l'interdiction des mines s'impose comme la nouvelle norme internationale. Au 1er mars 2009, 158 États sur 196 ont signé le Traité d'interdiction des mines et 156 l'ont ratifié.
Depuis la signature du Traité, le combat de Handicap International et de la Campagne Internationale continue pour que le traité devienne universel (39 pays ne l'ont pas signé), qu'il soit pleinement mis en œuvre et respecté par les Etats parties2, et que les fonds internationaux consacrés au déminage et à l'assistance aux victimes soient augmentés.