8 mois après le passage de plusieurs ouragans sur Haïti, les besoins des plus vulnérables restent immenses. Handicap International propose une réponse spécifique pour leur permettre de rompre avec leur situation critique.
« Depuis le mois de septembre, quand les ouragans ont ravagé Haïti, les routes ont parfois été nettoyées, ce n'est pas le cas partout », explique Aleema Shivji, qui revient d'une mission dans l'île. « Mais ce qui est plus dramatique, c'est que très peu de solutions ont été proposées aux personnes handicapées ». C'est la raison pour laquelle Handicap International vient de lancer une action à destination des personnes handicapées et des plus vulnérables dans la région de Artibonite, à l'ouest de l'île. Objectif : répondre aux besoins de base, remplacer les béquilles, cannes, et autres aides à la marches perdues, rompre l'isolement, orienter vers une aide effective et adaptée. « Lorsque les familles de personnes handicapées vivent encore dans des abris de fortune, avec seulement un toit de tôle, elles ne savent généralement pas comment accéder à une aide appropriée ». Pour faire face à cette situation, Handicap International a mis en place des DVFP*, un concept simple mais déjà éprouvé à de nombreuses reprises, qui offre une vraie réponse à l'isolement et aux besoins des personnes handicapés, et des plus vulnérables.
Par sa connaissance des situations d'urgence, par ses liens étroits avec les associations locales, Handicap International est en mesure d'orienter les personnes vulnérables ou handicapées vers les structures qui peuvent les accueillir, de les accompagner dans cette démarche, voire de proposer une aide directe lorsque c'est urgent et nécessaire. « Pour cela, nous avons ouvert un centre à Gonaïves, la capitale de la région d'Artibonite, pour favoriser l'accueil des personnes vulnérables. Mais cela ne suffit pas, explique Aleema. Nous devons nous appuyer sur les associations locales, qui connaissent bien les familles, pour nous aider par exemple, à aller trouver des personnes handicapées, à aller à leur rencontre. Avec des volontaires qui connaissent le secteur, nous allons dans les zones rurales, dans les secteurs les plus affectés par les ouragans, pour mener des actions de proximité vers ceux qui ne peuvent se déplacer. Dans la région de Gonaïves, nous allons nous occuper de 3 000 personnes, soit 15 000 personnes si on compte leurs familles. » La réponse de Handicap International porte donc sur une aide psychosociale, en raison du traumatisme subit par la population haïtienne avec la répétition des ouragans. « Il y a toujours des gens très secoués qui ont peur que cela recommence ».
L'association propose également des aides à la marche pour les personnes non voyantes, pour les personnes handicapées physiques (qui ont parfois perdu leur canne blanche, leur béquille...), et les équipes s'efforcent aussi d'identifier ceux qui ont besoin de prothèses afin de les orienter vers l'unique centre d'appareillage du pays qui se trouve à Port au Prince.
Dans ce contexte d'urgence, Handicap International tente de couvrir les besoins de base des plus démunis. Cela s'illustre par exemple par la distribution de couvertures, de kits d'hygiene, de kits outils, également des moustiquaires. Autant de choses nécessaires dans une île qui connaît des catastrophes naturelles à répétition. « Dans ce pays, dés qu'une urgence s'achève, il faut déjà anticiper la suivante, souligne Aleema, il est important que l'on aide la population à s'y préparer ». Une mesure simple consiste encore à proposer des sifflets aux personnes dans l'incapacité de se déplacer. Elles sont ainsi en mesure d'appeler à l'aide quand survient une catastrophe.
Handicap International ne se substitue pas aux organisations déjà actives, mais elle apporte son expertise sur la prise en charge des personnes handicapées et des plus vulnérables. « Notre mission est aussi de veiller à ce que les autres ONG, les autorités locales, le gouvernement prennent en compte les personnes handicapées et les autres personnes vulnérables dans leurs activités », explique Aleema. Une mission essentielle dans un pays souvent affecté par les catastrophes mais qui intéresse peu la communauté internationale.
*Disability and Vulnerable Focal Point