
L'équipe de Handicap International à Haïti vient d'accueillir les premiers renforts qui continueront d'arriver dans les jours qui viennent pour permettre la mise en place d'une aide d'urgence après le tremblement de terre de mardi soir.
Les premiers renforts dépêchés par Handicap International viennent d'arriver à Haïti. Aleema Shivji, spécialiste de l'urgence, a embarqué hier soir à Istres dans un appareil affrété par le gouvernement français, en compagnie des secouristes de la Sécurité civile. Elle a rejoint notre équipe sur place aujourd'hui à 13 heures pour débuter l'évaluation des besoins, particulièrement concernant les personnes handicapées et les plus vulnérables. Elle connaît bien le terrain haïtien pour être déjà intervenue dans l'île en 2008, après le passage de quatre ouragans. Un autre départ est prévu ce jeudi soir, toujours via la base aérienne d'Istres, avec également une dizaine de palettes de fret, comportant une tente-dispensaire, des aides à la marche (béquilles, déambulateurs, orthèses...) et du matériel para médical. D'autres départs suivront avant la fin de la semaine, avec des spécialistes de l'urgence qui partiront de France, de Guyane ou encore de Côte d'Ivoire pour renforcer notre équipe de Port-au-Prince.
Ambiance de chaos
Plus de 36 heures après le tremblement de terre, la situation demeure alarmante, puisque les secousses ont détruit de très nombreux hôpitaux et bâtiments de la capitale haïtienne. Les membres de l'équipe expatriée de Handicap International sont logés à la même enseigne que la plupart des habitants. Tout le monde dort en plein air, seule solution pour ne pas risquer d'être ensevelis en cas de nouvelle réplique importante. La nourriture et l'eau manquent partout. Seuls les téléphones satellites sont opérationnels à Port-au-Prince. Les voies de communications sont coupées, les rues et les routes sont encombrées, jonchées de gravats. Les rescapés cherchent leurs proches dans une ambiance de chaos. L'équipe expatriée de Handicap International n'a eu des nouvelles que de quelques rares collègues haïtiens sur la centaine qui composent d'ordinaire l'effectif de l'association à Haïti.
Dans le même temps, une partie de la population tente de quitter la capitale pour rejoindre les villes alentours, notamment celles de Saint-Marc et Gonaïves, plus au nord, dans l'espoir de trouver des secours. Mais dans ces deux villes, les hôpitaux seraient proches de la saturation.
Coordonner la logistique
L'ensemble de la plateforme logistique coordonnée par l'association pour le compte du PAM (Programme alimentaire mondial) va être réorganisée pour faire face à cette nouvelle crise. Dans ce contexte, les camions tout-terrain disponibles, prévus pour passer dans les zones les plus escarpées, devraient être en mesure d'acheminer l'aide humanitaire. Et la coordination de la logistique, pour les autres ONG présentes sur place est un enjeu primordial. Ce sera une des missions de Handicap International.
Aider les blessés
L'association qui va également intervenir directement pour aider les blessés, en appuyant les hôpitaux et les autres ONG présentes à la prise en charge des victimes du tremblement de terre. Après une catastrophe naturelle, il est en effet nécessaire de veiller à ce que les blessés soient bien soignés et suivis pour éviter l'apparition de handicap. Handicap International entend aussi apporter son aide en proposant des abris temporaires, avec des tentes, des bâches plastiques, puisque très peu de maisons sont encore habitables. Le défi étant de trouver des zones sécurisées où les sinistrés pourront être installés. Cette aide s'accompagnera de distributions de kits d'hygiène et de nourriture.
Branle-bas de combat
Cette crise mobilise le siège international de l'association, à Lyon, où depuis hier matin les équipes dédiées à l'urgence sont sur le pied de guerre. La réactivité est de mise. Les téléphones sonnent sans arrêt et chaque seconde compte, pour agir vite et bien. "L'ampleur de la catastrophe implique une logistique particulièrement importante", indiquait ce matin Florent, logisticien de notre Direction de l'urgence.
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