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Les défis du déminage humanitaire

Une démineuse au Sénégal
© Handicap International

Fabian Clément responsable des programmes de déminage et Sabrina Montanvert, chargée de communication plaidoyer expliquent l'ampleur des défis à relever, pour que les populations des zones de conflit puissent vivre en sécurité.


Où en sont les actions de déminage de Handicap International ?
En 2008, Handicap International a mené des projets de lutte anti mines dans 15 pays, avec des programmes de déminage en Bosnie-Herzégovine, au Liban, au Mozambique, en République démocratique du Congo et au Sénégal (Casamance) et des programmes de prévention des accidents par mines (PEPAM) en Afghanistan, en Algérie, en Angola, au Cambodge, en Irak, au Laos, au Mozambique, en Somalie (Puntland), au Soudan, en République démocratique du Congo, au Sénégal, au Somaliland et en Thaïlande. Près d'1 million de personnes ont ainsi bénéficié des programmes de lutte anti mines, dont 100 000 bénéficiaires directs des opérations de déminage et 900 000 personnes sensibilisées aux risques des mines et autres engins non explosés.

Quels sont les enjeux et comment se déroulent les programmes de déminage ?
Tout d'abord, il faut différencier le déminage militaire du déminage humanitaire. Le déminage militaire vise à ouvrir une brèche ou un itinéraire dans une zone minée ou polluée pour permettre le passage ou le stationnement d'une unité. Dans ce type de déminage, l'idée principale est de franchir l'obstacle représenté par le champ de mines, pas de le faire disparaître. Dans ce contexte, certaines pertes en vies humaines peuvent être acceptées pour les besoins de l'opération militaire.
Tandis que le déminage humanitaire dans lequel Handicap International est engagée depuis une quinzaine d'années a pour but de déminer des zones ou des infrastructures (maisons, champs, villages, chemins, puits, écoles...) pour permettre la réinstallation des populations déplacées et la reprise des activités économiques et sociales. Dans cette approche, il ne peut y avoir aucune perte acceptable. Par conséquent toute mine ou engin non explosé doit disparaître.

Comment procédez-vous ? 
Le déminage est une opération longue et coûteuse. Il nécessite d'abord la mise en place d'enquêtes générales et techniques pour identifier, marquer et enregistrer les zones suspectées d'être polluées. Quand un territoire touché ou un village a été repéré et que la taille des zones suspectes a été réduite au maximum, le déminage peut démarrer. Il se sera parfois écoulé plus d'un an entre l'enquête technique et la mise en œuvre du déminage. Celui-ci prend alors différentes formes : déminage manuel, mécanique (via des machines blindées, souvent télécommandées, qui font exploser les mines sur leur passage) ou avec l'aide de chiens détecteurs de mines. L'étape finale est la neutralisation et destruction des engins explosifs. En parallèle à ces campagnes de déminage, des équipes forment et informent les communautés locales aux risques d'accidents par mines et à la lutte anti mines.

Le Traité d'interdiction des bombes à sous-munitions* permettra-t-il de développer les programmes de déminage dans des zones polluées par les bombes à sous-munitions ?
Il y a aujourd'hui 32 pays et territoires qui sont pollués par les bombes à sous-munitions. L'exigence de dépollution des territoires est inscrite à l'article 4 du Traité d'interdiction et doit être réalisée dans un délai de 10 ans. Les combats à mener lors des prochaines années seront d'une part la mise en œuvre de plans d'action de déminage par les pays pollués et d'autre part la mobilisation des Etats bailleurs pour le financement de ces programmes.
L'annonce de la signature du Traité a d'ores et déjà eu un effet stimulant. De nombreux États ont ainsi été incités à reprendre leurs actions en faveur de la dépollution des BASM et des mines, et ont décidé d'aider les ONG impliquées.

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* Le Traité d'Oslo contre les bombes à sous-munitions a été signé il y a quelques mois à Oslo, dix ans après l'entrée en vigueur du Traité d'Ottawa contre les mines antipersonnel.

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Témoignage

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"On peut empêcher ces tragédies de se produire"

Lynn Bradach, mère d'un soldat américain décédé à cause d'une bombe à sous-munitions témoigne de son indignation contre cette arme.

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La révolution du brûleur de mines

Depuis quelques mois, les équipes de démineurs de Handicap International travaillent avec un nouvel appareil qui permet de détruire les mines sans utiliser d'explosifs.

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