Des sous-munitions encore utilisées dans 5 pays

  • Lutter contre les mines, les BASM et restes explosifs de guerre

Ce constat établi par le rapport 2015 de l’Observatoire des sous-munitions doit remobiliser la communauté internationale à l’occasion de la Conférence d’examen du Traité d’interdiction des sous-munitions, qui se tient à Dubrovnik du 7 au 11 septembre. Handicap International appelle les États à condamner systématiquement l’utilisation de ces armes barbares afin de continuer à protéger les civils.

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Première conférence d'examen du Traité d'Oslo (Dubrovnik 7-11 septembre). Handicap International lutte contre les sous-munitions depuis 2003.
Première conférence d'examen du Traité d'Oslo (Dubrovnik 7-11 septembre). Handicap International lutte contre les sous-munitions depuis 2003.

Une utilisation record 
Selon le rapport 2015 de l’Observatoire des sous-munitions, bilan de l’application du Traité d’Oslo qui interdit l’emploi, la production, le transfert et le stockage des armes à sous-munitions dans le monde, des armes à sous-munitions ont été utilisées dans cinq pays entre juillet 2014 et juillet 2015 : en Libye, en Syrie, au Soudan, en Ukraine et au Yémen – tous non signataires du Traité. Jamais autant d’États ou acteurs non étatiques n’ont été impliqués dans l’utilisation des armes à sous-munitions depuis l’entrée en vigueur, en 2010, du traité. Avec 1 968 victimes de sous-munitions enregistrées entre 2012 et 2014, la Syrie est le pays qui compte le plus de nouvelles victimes de ces armes. Un bilan particulièrement effroyable et qui ne tient pas compte des victimes non recensées. 

Condamner systématiquement les utilisations
« La frilosité de certains États parties à condamner systématiquement les nouvelles utilisations de bombes à sous-munitions risque d’affaiblir la portée du Traité et de laisser penser que les États non parties peuvent utiliser ces armes en toute impunité. C’est inacceptable », s’inquiète Marion Libertucci, responsable du plaidoyer à Handicap International. Plus de 140 pays ont condamné l’utilisation de sous-munitions en Syrie. Mais celles au Yémen, en Ukraine, au Soudan et en Libye n’ont pas été l’objet d’une condamnation unanime et ferme de la communauté internationale. « C’est seulement en condamnant systématiquement leur utilisation, donc en stigmatisant les responsables, et en appelant tous les États à rejoindre le Traité, que la communauté internationale pourra faire reculer l’utilisation et à terme éradiquer les armes à sous-munitions », souligne Marion Libertucci. « Nous rappelons également que si les progrès des États parties sur l’assistance aux victimes sont notables, les États affectés rencontrent encore des difficultés à financer les services nécessaires aux victimes, qui trop souvent vivent encore dans des conditions extrêmement difficiles. »

Des progrès indéniables dans l’application du Traité
L’utilisation de sous-munitions depuis juillet 2014 ternit le bilan positif concernant l’application du Traité d’Oslo, qui compte désormais 117 pays signataires.
- Depuis la signature Traité en 2008, 27 États parties ont détruit plus de 1,3 million d’armes à sous-munitions et plus de 160 millions de sous-munitions, représentant respectivement 88 % et 90 % des stocks des États parties. Une douzaine d’États ont déjà fini la destruction totale de leurs stocks, en avance sur les délais légaux.
- Entre 2010 et 2014, plus de plus 255 km² de terres ont été nettoyées des restes d’armes à sous-munitions dans le monde et 295 000 sous-munitions détruites. Huit États parties ont déjà achevé la dépollution de leurs zones contaminées. 
- Selon l’Observatoire des sous-munitions, les civils représentent 92 % des victimes recensées entre 2010 et 2014, la moitié d’entre elles étant des enfants.

Publié le 7 Septembre 2015.

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