Rapport de Handicap International : la violence des bombardements force des millions de Syriens à fuir

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Handicap International publie le 28 septembre son rapport Qasef: Escaping the bombing. Il établit que l’utilisation massive d’armes explosives en zones peuplées est une des causes premières du déplacement des Syriens. Bombardements et pilonnages indiscriminés provoquent la fuite de millions de personnes. Cette pratique est la cause d’une des pires crises humanitaires depuis la Seconde Guerre mondiale. Handicap International exhorte les parties prenantes au conflit à cesser d’utiliser des armes explosives en zones peuplées et appelle la communauté internationale à condamner avec fermeté cette pratique et lui demande de s’engager à y mettre fin.

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Restes explosifs de guerre dans la ville de Kobané, en Syrie, où est intervenue Handicap International
Restes explosifs de guerre dans la ville de Kobané, en Syrie, où est intervenue Handicap International

Reposant sur le témoignage de réfugiés syriens et de responsables d’organisations internationales, le rapport Qasef: Escaping the bombing* montre que l’utilisation massive des armes explosives en zones peuplées est une des causes premières du déplacement massif des Syriens. Au total, plus de 10,9 millions d’entre eux sont concernés, soit la moitié de la population du pays. Les témoignages recueillis par Handicap International font par ailleurs état de déplacements multiples. Terrorisés, les Syriens se déplacent jusqu’à 25 fois pour fuir les bombardements successifs avant de trouver un refuge sûr. Ces déplacements répétés sont la cause de situations de grande précarité et d’une grave détresse psychologique. 

« L’utilisation massive d’armes explosives en zones peuplées dans le conflit syrien est à l’origine de la crise humanitaire la plus grave de ces dernières décennies. Associée à l’absence de prise en charge médicale et d’un soutien psychologique approprié en Syrie, cette pratique a des conséquences dévastatrices sur la vie des personnes. Avec plus de 1,5 million de blessés en Syrie, c’est toute une génération qui souffrira de séquelles sur le plus long terme. Il faudra des décennies pour déminer la Syrie, lourdement polluée par les restes explosifs. Les parties prenantes au conflit doivent cesser immédiatement d’utiliser des armes explosives en zones peuplées, en particulier celles à large rayon d’impact. La communauté internationale doit s’engager contre cette pratique qui est devenue la règle dans le conflit syrien. »

Anne Héry, Directrice du plaidoyer à Handicap International

Selon le rapport Qasef: Escaping the bombing, les Syriens fuient d’abord la violence des attaques utilisant des armes explosives. Celles-ci sont massivement indiscriminées. Certaines ciblent délibérément les civils. L’utilisation d’armes explosives en zones peuplées est ainsi la principale cause de décès chez les civils. Selon une étude menée par l’Integrated Regional Information Network (IRIN) et citée dans le rapport de Handicap International, l’utilisation d’armes explosives en zones peuplées était responsable en 2012 de 48 % des victimes civiles. Cette proportion est désormais de 83 % en 2016. Certaines armes utilisées, comme les bombes-barils ou les roquettes éléphants, sont elles-mêmes par nature indiscriminées, c’est-à-dire que leur imprécision provoque un grand nombre de victimes civiles. Le rapport pointe également la gravité des blessures liées aux bombardements. 47 % des personnes blessées par des armes explosives ont des fractures complexes. 

Le rapport de Handicap International explique que les Syriens qui ne sont pas directement touchés par les bombardements sont également forcés de fuir pour reconstruire une nouvelle vie : car en détruisant des infrastructures essentielles – habitations, hôpitaux, réseaux d’eau et d’électricité, etc. – les bombardements anéantissent toute vie sociale et toute activité économique.

Handicap International a lancé en septembre 2015 une campagne internationale pour mettre un terme au bombardement des civils. L’organisation appelle les États à rejoindre une déclaration politique visant à mettre fin à l’utilisation des armes explosives en zones peuplées et à reconnaître les souffrances des civils. À cet effet, l’association est cofondatrice de la coalition INEW (International Network On Explosive Weapons) qui rassemble plusieurs organisations internationales et nationales. 

* Télécharger le rapport complet (anglais uniquement, format PDF)
Télécharger la synthèse du rapport (français, format PDF)

Méthodologie – Le rapport Qasef: Escaping the bombing repose sur une série d’entretiens effectués auprès de réfugiés syriens en juillet 2016 en Jordanie, venant d’Alep, de Damas et sa région, de Deraa et de Homs, sur une revue de la littérature existante en lien avec le sujet et sur des entrevues avec des personnes ressources responsables d’organisations internationales. 

Handicap International et la crise syrienne – Plus 600 000 personnes ont bénéficié des actions de Handicap International depuis le lancement de ses opérations en 2012. L’organisation propose des services de rééducation physique, un accompagnement psychologique et des distributions d’urgence pour répondre aux besoins fondamentaux des personnes blessées, handicapées et particulièrement vulnérables. Handicap International diffuse également des messages de sensibilisation et de sécurité auprès des populations locales afin de prévenir les accidents causés par les restes explosifs de guerre.

Publié le 28 Septembre 2016.

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