« Qu'on arrête de prendre les civils pour cibles ! »

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Warda et sa famille ont été touchés par une attaque alors qu’ils fuyaient la ville de Mossoul en Irak. Amputée des deux jambes suite à ce drame, la jeune femme séjourne depuis à l’hôpital avec son mari et sa fille, également blessés. Handicap International les accompagne en leur offrant des séances de soutien psychologique et de kinésithérapie.

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Warda, 23 ans, avec son mari et sa fille à l'hôpital où Handicap International les soutient
Warda, 23 ans, avec son mari et sa fille à l'hôpital où Handicap International les soutient
Warda, 23 ans, avec son mari et sa fille à l'hôpital où Handicap International les soutient

Lorsque Fatima, kinésithérapeute de Handicap International, entre dans la chambre de Warda, un sourire illumine le visage de la jeune femme. Difficile d’imaginer, lorsqu’on la voit ainsi, que celle-ci a perdu ses deux jambes et deux de ses enfants lors d’une attaque.

« Nous avons décidé de fuir quand les bombardements ont touché notre quartier. Alors que nous n’étions plus qu’à quelques mètres de la sortie de la ville, un homme s’est fait exploser au beau milieu de la foule, juste à côté de nous. Je me rappelle alors avoir regardé autour de moi, et avoir vu tous ces gens blessés ou sans vie... »

« Nous étions tellement bien… »

Warda et sa famille sont alors transportés d’urgence à l’hôpital. Enceinte, elle fait une fausse couche sur le trajet. On lui apprend également, à ce moment-là, qu’elle va devoir être amputée des deux jambes. Ahmad, son mari, souffre aussi de graves blessures au niveau des jambes, tout comme leur fille Deema. La mère de Warda, quant à elle, est touchée au niveau des bras et a la hanche fracturée. « Nous sommes passés par trois hôpitaux différents avant d’arriver dans celui-ci », explique Warda. Depuis le début de l’offensive sur l’Ouest de Mossoul, le nombre de blessés est si important que les structures de santé du pays sont saturées.

Warda en séance de réadaptation avec Fatima, la kiné de Handicap International © E. Fourt / Handicap International

Warda en séance de réadaptation avec Fatima, la kiné de Handicap International © E. Fourt / Handicap International

Alors que Fatima poursuit la séance de kinésithérapie avec Warda, son mari se remémore leur vie d’avant :

« Nous étions tellement bien... Vous auriez dû voir notre ville, il y a encore quelques années. Il y avait des gens de toutes les confessions, des ressources, une histoire millénaire, de la diversité… Mais en 2014, tout a changé brusquement. Les deux années que nous venons de passer ont été très difficiles. »

« Nous ne sommes qu'un exemple de cette tragédie »

Le père de famille poursuit : « C’est difficile de se dire que nous avons survécu dans ces conditions affreuses pendant deux ans. Et que c’est quand nous étions en train de nous échapper de cette situation que nous avons finalement été touchés. » Deema observe calmement sa mère exécuter les exercices de kinésithérapie. « J’essaie de penser à notre futur, même si c’est compliqué, compte tenu de notre situation. J’aimerais qu’elle puisse étudier, avoir un bel avenir et oublier ce qui nous est arrivé », poursuit Warda. 

La séance de réadaptation touche à sa fin. Avant que Fatima ne quitte leur chambre d’hôpital, Ahmad et son épouse lui demandent si elle peut relayer leur message. « Notre plus grand souhait aujourd’hui, est que l’on arrête de prendre les civils pour cibles. Des dizaines, des centaines de personnes innocentes meurent et sont blessées chaque jour à Mossoul, alors qu’elles n’ont rien fait et ne demandent que la paix. Nous ne sommes qu’un exemple de cette tragédie. »


Urgence Mossoul

Les combats entre groupes armés et forces gouvernementales en Irak, au cours de ces dernières années, ont engendré le déplacement de plus de 3 millions de personnes. Au total, on estime que 11 millions de civils ont besoin d’une assistance humanitaire dans le pays. Avec l’offensive sur Mossoul, les organisations internationales font face à un défi sans précédent. Plus de 365 000 personnes ont fui les combats depuis le 17 octobre dernier, et on dénombre un nombre important de civils blessés.

> Dites NON aux bombardements des civils

Publié le 20 Avril 2017.

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