« On essaie de se reconstruire ensemble… »

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Il y a trois ans, un bombardement en Syrie a privé de sa jambe gauche Hamida, 61 ans, et a brisé sa jambe droite. Il a aussi laissé une trace indélébile sur la vie de sa famille, blessant gravement sa belle-fille et traumatisant ses petits-enfants. À la suite de cette tragédie, Hamida et ses proches se sont réfugiés au Liban où ils bénéficient d’un accompagnement psychosocial par Handicap International, grâce au soutien de Light For the World. 

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Handicap International a réussi à établir un lien de confiance avec toute la famille de Hamida, traumatisée par les bombardements en Syrie et réfugiée au Liban. L'association leur apporte un soutien psychosocial précieux.
Handicap International a réussi à établir un lien de confiance avec toute la famille de Hamida, traumatisée par les bombardements en Syrie et réfugiée au Liban. L'association leur apporte un soutien psychosocial précieux.
Handicap International a réussi à établir un lien de confiance avec toute la famille de Hamida, traumatisée par les bombardements en Syrie et réfugiée au Liban. L'association leur apporte un soutien psychosocial précieux.

« Ce jour-là, je revenais du marché avec mes enfants », raconte Souheir, la belle-fille de Hamida. « Lorsque ma belle-mère m’a vu arriver avec les courses, elle est sortie de la maison pour m’aider. C’est à ce moment-là que la bombe nous a frappés… » Assise dans le modeste abri que la famille occupe aujourd’hui dans la vallée de la Bekaa au Liban, Souheir raconte comment ce drame a tout changé pour eux. « Aujourd’hui, ma belle-mère ne peut plus marcher, ma fille ne veut plus parler, mon fils n’arrive plus à dormir, il souffre encore des éclats d’obus qui sont restés incrustés dans son estomac et il n’a plus qu’un rein. »

Quand Handicap International commence à aider Hamida il y a quelques mois avec des sessions de kinésithérapie, elle vient de subir un second traumatisme. Une association locale qui l’avait appareillée d’une prothèse décide finalement de la lui retirer, considérant qu’elle ne pourra pas l’utiliser. Sa jambe droite est trop faible pour pouvoir supporter son poids, même avec l’aide d’une prothèse. Hamida est dévastée par cette décision et confie son désarroi à une équipe mobile de Handicap International. Le kinésithérapeute et l’assistant social l’orientent vers l’équipe de l’association qui assure des séances de soutien psychosocial.

Un lien de confiance établi

Hamida est très inquiète pour sa famille, mais l'accompagnement psychosocial offert par Handicap International lui redonne de l'espoir pour l'avenir © E. Fourt / Handicap InternationalQuelques jours plus tard, Maram et Abeer, de Handicap International, rendent visite à Hamida et ses proches. Le constat est alarmant : les deux membres de l’équipe d’accompagnement psychosocial rencontrent une femme dévastée par la perte de sa jambe mais prennent aussi conscience du traumatisme qu’a laissé ce bombardement sur sa belle-fille et ses petits-enfants. Obeida, 6 ans, fait des cauchemars chaque nuit et souffre d’incontinence urinaire. Roqaya, 3 ans, s’est enfermée dans un mutisme sélectif qui inquiète profondément la famille. Leur mère, Souheir, avoue être complètement dépassée par la situation. « J’ai l’impression de ne pas avoir le temps de vivre. Je dois prendre soin de chacun et c’est très angoissant. » Maram et Abeer préconisent des séances d’accompagnement pour Hamida, mais aussi pour sa belle-fille et ses petits-enfants. 

Aujourd’hui, les deux spécialistes se rendent dans la tente familiale pour une nouvelle séance. Alors que Maram discute avec Hamida et Souheir de leur quotidien au Liban, Abeer joue aux marionnettes avec les enfants. Roqaya observe timidement ses frères et sœurs s’amuser avec la professionnelle de Handicap International. Elle se cache derrière sa mère, partagée entre sa peur du contact avec les autres et son envie de les rejoindre. « Elle est vraiment anxieuse, mais on essaie chaque jour de lui faire dire quelques mots de plus que la veille », explique son père, Abdel Razzaq. 

Au fil de la séance, Roqaya abandonne ses appréhensions et vient doucement se blottir contre Abeer. « Au fil du temps, nous avons réussi à établir un lien de confiance. Cela prend toujours quelques minutes quand on arrive dans la tente, mais après, elle joue généralement avec nous et accepte même parfois de répondre à nos questions ». Abeer propose alors différentes activités à Roqaya et ses frères et sœurs, pour les aider à exprimer leurs sentiments. Pendant ce temps, Maram écoute attentivement Hamida et Souheir, qui lui font part de leurs problèmes quotidiens. 

À leurs côtés aussi longtemps que nécessaire

Maram appelle ensuite Obeida pour discuter seule à seule avec lui. Elle veut évaluer l’évolution de son problème d’incontinence. À travers un système de dessins, elle essaie de déterminer comment se sent le petit garçon. Cela laisse un temps privilégié à Abeer pour une activité individuelle avec Roqaya. 

Mener une séance d’accompagnement psychosocial pour quatre membres d’une famille en même temps n’est pas une chose évidente pour l’équipe mobile, mais les deux femmes réalisent l’importance de la présence des uns pour les autres dans cette famille. « On essaie de se reconstruire ensemble », explique Souheir, berçant son nouveau-né et observant ses enfants échanger avec Abeer et Maram. 

Hamida, quant à elle, regarde le reste de sa famille avec les yeux qui scintillent. Le chemin vers la reconstruction sera long, mais les professionnels de Handicap International ne désespèrent pas. « Les enfants ont déjà fait de réels progrès », estime Maram. « Pour Souheir et Hamida, les blessures sont plus profondes. Cela prendra du temps mais nous serons à leurs côtés autant de temps que nécessaire pour qu’elles puissent se remettre et aller de nouveau de l’avant. » La session prend fin et Maram et Abeer quittent la tente. Bientôt, elles reviendront pour une nouvelle séance de soutien.

Publié le 11 Avril 2016.

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