Noorayesha ne veut pas être un fardeau pour sa famille

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Parmi les 625 000 réfugiés Rohingyas au Bangladesh, plusieurs centaines vivent avec un handicap grave. Leurs familles doivent lutter pour prendre soin d’eux dans les conditions de vie difficiles des camps. Noorayesha est partiellement paralysée et ne peut pas quitter sa tente.

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Rubel Sarker, kinésithérapeute de Handicap International, évalue la motricité de Noorayesha dans sa tente au sein d'un camp de réfugiés au Bangladesh
Rubel Sarker, kinésithérapeute de Handicap International, évalue la motricité de Noorayesha dans sa tente au sein d'un camp de réfugiés au Bangladesh

Le kinésithérapeute de Handicap International, Rubel Sarker, chemine le long d’un étroit sentier longeant le bloc B du camp d’Unchiprang. Il a été informé qu’une femme vivant là n’a pas pu bouger depuis six semaines. Il cherche sa tente. Des voisins lui indiquent une structure de bambou protégée par une épaisse bâche noire, d’environ cinq mètres carrés. On aperçoit Noorayesha depuis le seuil, allongée sur une mince natte posée sur sol de terre battue ; sa fille, Fatima, invite Rubel à entrer.

Noorayesha a 55 ans. Avec ses trois filles déjà adultes, elle a fui la Birmanie au mois d’août 2017, lorsque leur village a été attaqué. Le mari de Noorayesha a été brutalement frappé à coups de machette et a été tué presque instantanément. Les quatre femmes ont couru jusqu’aux collines pour s’y cacher, avant de marcher pendant quatre jours pour atteindre la frontière avec le Bangladesh, devant traverser de dangereux cours d’eau pour se mettre en sécurité.

Elle ne quitte jamais sa tente

Comme les plus de 625 000 réfugiés Rohingyas vivant désormais dans des camps de fortune qui n’ont rien d’officiel, cette famille a dû se battre sans cesse pour accéder à de la nourriture, de l’eau et un toit. Juste au moment où leur situation devenait stable, Noorayesha a soudain perdu toute sensation dans la partie gauche de son corps ; probablement la conséquence d’un AVC.

Rubel commence son examen physique préliminaire, demandant à Noorayesha de serrer le poing ou de lever la jambe. Il a besoin de s’assurer des mouvements qu’elle peut ou ne peut pas exécuter, et d’évaluer de quelle manière cela affecte sa qualité de vie. Fatima lui explique que ses sœurs et elle doivent aider leur mère pour presque toutes les tâches du quotidien : s’assoir, se laver, s’habiller et aller aux toilettes. Elles ont du mal à la faire manger, et n’ont pas suffisamment d’eau potable. Noorayesha ne quitte jamais sa tente.

Des exercices dix fois par jour

Rubel prend le temps de montrer à Fatima comment réaliser une série d’exercices pouvant aider sa mère à retrouver une certaine mobilité des bras, des jambes et du bassin. Il explique à toute la famille que ces exercices doivent être exécutés dix fois par jour et qu’il reviendra dans cinq jours pour évaluer les progrès. Il apportera alors une chaise percée et un pot de chambre. 

Au moment où Rubel s’en va, Noorayesha déclare qu’elle ne veut pas être un fardeau pour sa famille, que si elle pouvait seulement récupérer l’usage de sa main gauche, cela l’aiderait déjà énormément. Rubel lui répond qu’il est confiant.

Publié le 8 Janvier 2018.

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