Mousa, 92 ans et un moral d’acier

  • Améliorer la santé mentale
  • Appareiller et rééduquer
  • Déminer les terres
  • Secourir les victimes
  • Jordanie
  • Syrie

Après une dure vie de labeur, Mousa, Syrien nonagénaire, profitait d'une retraite méritée. Jamais il n'aurait imaginé voir sa maison bombardée ni devoir fuir son pays. Aujourd'hui réfugié en Jordanie avec une partie de sa famille et suivi par Handicap International, son état de santé fragile et le chagrin qui l'habite ne l'empêchent pas de garder un peu de joie de vivre avec ses petits enfants. Inimaginable, quand on apprend ce qu'il a vécu...

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Mousa
Mousa

Originaire de la ville de Deera dans le Sud de la Syrie, Mousa subit de plein fouet la guerre civile qui fait rage depuis 2011, comme de nombreux autres compatriotes. En 2012, alors que Deera est bombardée, sa famille est obligée de se réfugier dans un abri souterrain. En s'y rendant, Mousa se fracture la hanche. On lui en pose une artificielle, mais il ne bénéficie d'aucune séance de rééducation.

Après de nouveaux bombardements, Mousa refuse de se déplacer par peur de se faire mal. Cloîtré chez lui, des hommes armés finissent par entrer dans sa maison partiellement détruite. Ils le jettent au pied de son lit et le ruent de coups de crosse de fusil. Il défie ses tortionnaires en leur hurlant « Tuez-moi si vous voulez ! ». Mais une nouvelle bombe tombe sur la maison et les fait fuir. Des voisins accourent et transportent Mousa en lieu sûr.

Quelques mois après, les combats s'intensifient. Le vieil homme et sa famille n'ont plus d'autres choix que de fuir la Syrie et rejoignent la Jordanie. D'abord accueillis dans le camp de Zaatari, ils s'installent à Irbid où ils vivent toujours aujourd'hui dans un immeuble précaire. Mousa ne se déplace guère, de peur de se faire mal à nouveau. Handicap International lui fournit un déambulateur et un fauteuil roulant. L'association sensibilise ses proches pour l'encourager à surmonter ses craintes et à gagner en mobilité. Mousa bénéficie également d'un soutien financier mis en place par Handicap International. Il reçoit chaque mois 670 dinars jordaniens (environ 685 euros) pour subvenir aux besoins les plus pressants de la famille : payer le loyer, se nourrir et acheter quelques médicaments.

Entouré de ses petits-enfants, Mousa retrouve un peu de joie de vivre malgré sa grande tristesse. Fort de sa vénérable et éprouvante expérience, il leur prodigue des conseils pour leur vie future, même s'il sait au fond de lui qu'elle sera peut-être vouée à l'exil pour longtemps.

Publié le 13 Mars 2014.

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