« J'ai eu la peur de ma vie »

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Mark-Kevin est l'aîné d'une famille de huit. Atteint d'infirmité motrice cérébrale, il n'a pas pu atteindre le point d'évacuation par ses propres moyens à l'approche du typhon Haiyan et il a dû être transporté par ses voisins. Comme beaucoup d'habitants de la ville, il est encore sous le choc de la violence de la tempête et des dégâts qu'elle a causés.

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La ville de Giporlos est située sur la côte sud du Samar oriental, l'une des zones les plus gravement touchées par le typhon Haiyan. À la mairie, près de deux semaines après la catastrophe, tout le monde s'affaire à organiser la distribution de l'aide humanitaire, essentiellement de la nourriture.

« Le vent soufflait si fort et il emportait tellement d'eau qu'on n'y voyait pas à plus de 2 mètres, se rappelle l'un des employés. L'eau de la mer a pénétré dans les terres sur 100 mètres, emportant tout avec elle : les bateaux de pêche, les véhicules, les maisons, les appareils ménagers... Des agglomérats de tôle volaient dans tous les sens... On aurait dit que c'était la fin du monde qui nous arrivait dessus. »

À Giporlos, comme dans la plupart des communes environnantes, la population a été évacuée vers les bâtiments les plus solides. Mark-Kevin, comme tous ses voisins habitant dans des maisons en bois, a été évacué vers la mairie.

« Il pleuvait déjà énormément et tout le monde courait. Les voisins m'ont porté dans leurs bras et quelqu'un d'autre a porté mon fauteuil roulant. »
« Mais le vent soufflait si fort que je ne me sentais pas en sécurité là-bas. Quand l'eau a commencé à monter, tout le monde est monté au troisième étage et il a fallu me porter. Ensuite, le troisième étage a commencé à bouger à cause du vent, alors nous sommes redescendus au deuxième. Nous ne savions pas si le bâtiment allait tenir et nous protéger. J'ai eu très peur. »

La maison de la famille de Mark-Kevin a été endommagée par le typhon, mais sa structure a résisté.

« Nous avons déjà réparé les trous dans le toit et nous avons pu ré-emménager, explique son père. Il faut encore changer le plafond des toilettes et quelques autres choses, mais nous trouvons que nous avons de la chance, certains ont tout perdu. »

Mais pour Mark-Kevin et sa famille, bien des difficultés demeurent, à commencer par l'accès à la nourriture et la sécurisation de leur revenu.

« Nous vivons de la vente de poisson, mais depuis le typhon, il n'y a rien à vendre et rien à acheter, poursuit le père. Nous dépendons des distributions de colis alimentaires tous les trois jours. »

Il faudra du temps pour que Mark-Kevin et ses 5 frères et sœurs puissent reprendre une vie normale. Après avoir été coupés du monde pendant plusieurs jours, ils pourraient enfin accéder à l'aide humanitaire. L'électricité et les télécommunications devraient être rétablies dans les semaines à venir. Mais le rétablissement psychologique, la reconstruction des infrastructures et la reconstitution des réseaux sociaux et économiques prendront beaucoup plus de temps.

« Nous sommes préparés aux catastrophes telles que les typhons, et il nous semble que nous avons fait tout ce que nous pouvions pour nous protéger. Mais celui-ci était si violent qu'il a tout emporté. C'est vraiment difficile à accepter », conclut le père.

Publié le 23 Novembre 2013.

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