« Il s’agit avant tout de soutien et d’attention »

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Baraah est kinésithérapeute. Il y a un peu plus d'un an, cette jeune femme de 23 ans a rejoint les équipes de Handicap International. Elle travaille auprès des réfugiés syriens dans le camp de Zaatari, en Jordanie. Rencontre avec une spécialiste sensible et dévouée.

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Pourquoi travailler auprès des réfugiés syriens ?

Un jour, j'ai vu à la télévision un reportage sur le camp de Zaatari, où les réfugiés syriens tentent simplement de survivre. Ces images m'ont ouvert les yeux. J'ai eu envie de leur apporter l'aide que mes compétences me permettaient de leur fournir. Pour une kinésithérapeute, rejoindre Handicap International était une évidence. Cela m'offrait également l'opportunité d'enrichir mon expérience dans mon domaine et en appareillage médical.

Ont-ils facilement accès à l'aide humanitaire ?

Non, les réfugiés syriens nous parlent tous les jours de leurs difficultés à obtenir ce dont ils ont besoin. Les blessés qui arrivent seuls dans les camps sont les plus touchés. Pour une personne souffrant de multiples fractures à la jambe, par exemple, se déplacer dans le camp est laborieux. Il lui est donc difficile d'accéder aux points de distribution et aux structures sanitaires. De longues périodes d'attente s'ajoutent ainsi à la fatigue, à la douleur et à la souffrance de ne pas être autonome dans son déplacement.

En quoi consiste votre travail ?

Je dispense des soins de rééducation pour améliorer les capacités fonctionnelles des blessés et des personnes handicapées. Je prépare également physiquement et moralement ceux qui recevront un appareillage. Mais mon travail ne se résume pas à fournir des séances de rééducation. Il s'agit avant tout de soutien, de respect et d'attention, de donner et de recevoir.

Qu'est-ce qui vous touche le plus dans votre travail ?

M'occuper des personnes amputées. J'ai notamment soigné une petite fille de 6 ans, Safa. Elle a été mutilée à la jambe après des tirs d'obus. Elle présentait aussi des troubles psychologiques. En plus des séances de kinésithérapie, je l'ai préparée à l'utilisation de sa prothèse, sur le plan physique mais aussi psychologique, en collaboration avec un travailleur psychosocial de Handicap International. Un véritable défi ! À notre grande surprise, une fois sa prothèse en place, Safa a accompli des progrès fulgurants. Elle a été très vite à l'aise dans ses déplacements ! Rien ne me rend plus heureuse que de voir un patient capable de retourner à son quotidien en toute autonomie, à l'issue de sa rééducation.

Publié le 25 Mars 2014.

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