« Ici, les cadavres d’obus, de mines sont partout »

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La révolution en Libye s'est terminée il y a deux ans, mais les combats ont laissé des traces. Les centaines de milliers de déplacés sont revenus chez eux mais, entretemps, les zones avaient été bombardées ou minées. Handicap International a déployé des équipes de dépollution afin de retirer les engins de guerre non explosés et protéger ainsi les civils. Frédéric Maio, Responsable du programme Libye, témoigne.

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Centre ville de Misrata, où Handicap International intervient.
Centre ville de Misrata, où Handicap International intervient.

Plus de deux ans après l'insurrection, quelle est la situation en Libye ?

La révolution s'est terminée en octobre 2011 avec la chute de Syrte et la mort du Colonel Kadhafi, mais les combats ont laissé des traces et le danger menace toujours les populations au quotidien. Les centaines de milliers de déplacés sont revenus chez eux. Mais, encore aujourd'hui, deux ans plus tard, des familles retrouvent des restes explosifs de guerre chez elles, dans leur jardin, dans leur salon, dans la chambre des enfants ou sur leur lieu de travail. La révolte contre le régime de Kadhafi a également débouché sur un flux incontrôlé d'armes légères qui menacent d'augmenter considérablement le nombre de morts et de blessés. Les civils n'ont pas l'habitude de manier des armes et ne connaissent pas ou peu les conditions de sécurité de base. Ces armes sont régulièrement utilisées lors de manifestations de liesse, même pendant les mariages, où les invités tirent en l'air pour montrer leur joie ! De nombreux accidents, qui impliquent aussi des enfants, nous rappellent au quotidien qu'il est indispensable de diffuser des messages de prévention, comme nous le faisons actuellement à Misrata et Syrte.

Quelles sont les populations les plus touchées par le fléau des restes explosifs de guerre ?

Selon le Landmine Monitor 2012 qui recense les accidents de mines et restes explosifs de guerre, près des deux tiers des victimes de ces armes sont des enfants. Face à cette situation dramatique, nous axons nos activités sur eux, notamment par des séances de prévention dans les écoles et la formation de leurs professeurs et instituteurs. La population nous réserve un excellent accueil. Tout le monde souhaite en savoir davantage sur les bons gestes à adopter face au danger : ne pas s'approcher des restes explosifs de guerre, ne pas les toucher, marquer la zone dangereuse et nous avertir pour permettre de sécuriser le lieu.

Quelles sont les mesures de Handicap International face à cette menace constante ?

En 2013, les activités de dépollution se sont renforcées avec le déploiement de deux équipes de démineurs à Misrata dans une zone très contaminée suite à l'explosion de 43 bunkers où étaient stockées des munitions qui ont été projetées sur 1,5 km². Cela permet de limiter les risques d'accidents, de restituer aux communautés des terres sécurisées et aux familles des habitations sûres. Mais c'est un travail de longue haleine. Ici les cadavres d'obus, de roquettes, de mines ou de grenades sont partout : sur les routes, dans les champs, devant les hôpitaux... C'est pourquoi nous continuons à mener nos activités de sensibilisation au danger des mines et restes explosifs de guerre, mais aussi des armes légères. Cela s'inscrit dans une priorité pour tous, ici, après ces longs mois de combats, celle de reconstruire un climat de paix.

Publié le 21 Octobre 2013.

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