Handicap International dénonce l’usage d'armes explosives

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Lyon, le 25 juillet 2014. Handicap International s'indigne de l'usage d'armes explosives dans les zones très densément peuplées de la bande de Gaza, dans le cadre du conflit entre l'armée israélienne et le Hamas. L'association appelle la communauté internationale à faire pression sur les belligérants pour qu'un cessez-le-feu immédiat soit décrété et que l'accès des secours aux victimes soit garanti. C'est le message qu'elle a pu adresser directement au chef de l'Etat français hier, lors d'une rencontre à l'Elysée.

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Photo de contexte, enfants au Beach Camp : le troisième plus important des huit camps de réfugiés de la bande de Gaza.
Photo de contexte, enfants au Beach Camp : le troisième plus important des huit camps de réfugiés de la bande de Gaza.

François Hollande, président de la République française, et Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, recevaient hier une délégation d'ONG françaises à propos du conflit israélo-palestinien en cours. Par la voix de Jean-Pierre Delomier, directeur de l'Action d'urgence, Handicap International y a souligné les conséquences désastreuses de l'utilisation massive d'armes explosives dans des zones très peuplées, à l'origine de la majorité des victimes recensées. L'association a rappelé que les bombardements d'hôpitaux et autres services de santé empêchent l'accès aux soins des personnes blessées et vulnérables, dont la survie est menacée ou qui risquent de développer des handicaps irréversibles. L'association demande que tout soit mis en œuvre pour obtenir sans délai un arrêt des combats, afin d'éviter de nouvelles victimes civiles.

Handicap International, co-prix Nobel de la paix pour son combat contre les mines antipersonnel, rappelle que l'utilisation d'armes explosives sur des zones peuplées est contraire aux principes du droit international humanitaire. Par ailleurs, ces bombardements massifs engendrent de nombreux restes explosifs de guerre qui menaceront les populations civiles pendant des mois, voire des années. « Utilisées dans les zones peuplées, les armes explosives frappent sans distinction les hommes, les femmes, les enfants. Cela est inacceptable, » déplore Florence Daunis, directrice générale adjointe en charge des opérations pour Handicap International.

Dans un contexte aussi dégradé, les personnes les plus fragiles sont d'autant plus pénalisées qu'elles ne sont pas en mesure de se déplacer pour se mettre à l'abri, ou pour accéder à l'aide humanitaire. Handicap International soutient les efforts diplomatiques pour la mise en place d'une trêve humanitaire permettant l'envoi d'assistance humanitaire aux habitants de Gaza et réclame la sanctuarisation des lieux de soins pour que les personnes blessées, malades, handicapées et les personnels soignants soient épargnés par les violences.
Depuis le 8 juillet, le conflit a déjà causé la mort de près de 800 personnes, dont 185 enfants, d'après les Nations unies. 37 Israéliens, parmi lesquels deux civils, ont également été tués. Selon le ministère de la Santé palestinien, plus de 5 000 personnes ont été blessées, dont 1 500 enfants et un millier de femmes. Les Nations unies rapportent également des cas de destructions d'hôpitaux, de centres de santé, d'écoles, de stocks d'aide humanitaire.
Handicap International intervient dans la bande de Gaza depuis 1996 en soutien à des organisations de personnes handicapées. Ses équipes constatent les ravages des attaques, la pression permanente sur la population qui vit dans la peur des explosions, le traumatisme des enfants qui vivent au quotidien ce déluge de violence. Les hôpitaux doivent faire face à une pénurie de matériel, de médicaments, alors que les blessés ne cessent d'affluer.
Handicap International a commencé cette semaine la distribution d'équipements au sein des hôpitaux (aides à la mobilité destinées aux blessés). L'association devrait développer dans les prochains jours un service d'accompagnement postopératoire, en proposant des soins à domicile aux blessés, afin de décharger les hôpitaux. Des actions de soutien psychosocial devraient également débuter dés que les conditions de sécurité le permettront.

L'association étudie aussi la possibilité de mettre en place des opérations de dépollution (recherche et destruction de restes explosifs de guerre), à l'issue des opérations militaires.

Publié le 26 Juillet 2014.

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