Graziella Lippolis, experte en réadaptation sur le terrain

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  • Chine

Avec passion. C'est ainsi que Graziella parle de son travail. Même quand elle revient sur sa mission en Chine après le tremblement de terre de 2008, elle ne peut empêcher l'émotion de lui serrer la gorge. Cela montre à quel point cette kinésithérapeute belge d'origine italienne se sent engagée. Graziella Lippolis travaille depuis douze ans pour Handicap International. Après ses débuts au Yémen, elle est aujourd'hui experte en réadaptation physique.

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Graziella Lippolis dans un hôpital en Chine
Graziella Lippolis dans un hôpital en Chine

Au plus près des bénéficiaires
« En 2001, je suis partie au Yémen former des kinésithérapeutes locaux. Je suis restée là-bas environ un an et demi. Ensuite, je suis allée en Angola où j'ai travaillé pendant trois ans jusqu'en 2005. Ces deux pays m'ont laissé des impressions totalement différentes. Au Yémen, il y a beaucoup de compréhension envers les personnes handicapées, tandis qu'en Angola, il subsiste encore de fortes croyances négatives sur le handicap. Au-delà du renforcement des compétences techniques de l'équipe, beaucoup de travail m'attendait pour améliorer l'attitude du personnel envers les personnes handicapées. La population a connu la guerre pendant trente ans. Quand pendant longtemps votre premier souci c'est la survie, l'empathie n'est pas toujours une évidence. Après une amputation, un jeune patient n'a pas reçu les antibiotiques nécessaires et est décédé. Cela m'a beaucoup touchée. Les soins de santé en Angola doivent encore s'améliorer. Handicap International a aidé beaucoup de personnes dans ce pays grâce à la réadaptation dans les centres et au sein des communautés locales. Nous avons aussi soutenu des associations de personnes handicapées et nous leur avons appris à défendre leurs droits. La société civile a maintenant la lourde tâche de poursuivre le plaidoyer auprès des autorités afin qu'elles fournissent les services indispensables aux personnes handicapées. Une expertise partagée Depuis décembre 2005, je travaille comme référente technique en réadaptation au siège de Handicap International à Bruxelles. Je suis responsable de la stratégie et de la qualité de nos projets de réadaptation physique, un rôle d'experte en quelque sorte. Je participe également aux réseaux de professionnels et d'organisations actives dans les domaines du handicap ou du développement. Nous souhaitons renforcer nos collaborations notamment avec d'autres ONG et des universités afin que différentes structures utilisent notre expertise et puissent répondre aux besoins spécifiques des personnes handicapées. La recherche et la gestion de connaissances sont un autre aspect de mon travail. Le contact direct avec nos bénéficiaires me manque parfois. Mais je travaille avec plaisir à la construction d'une vision globale et d'une stratégie. En prenant de la distance, je peux me poser les bonnes questions au bon moment. Et je maintiens les liens avec nos projets en partant sur le terrain trois à quatre fois par an. Je peux ainsi offrir un soutien technique ponctuel à nos équipes locales et j'évalue nos projets. Et lors de missions exploratoires, je m'informe des besoins pour développer de nouveaux projets.

Une approche durable 
Le regard désespéré d'une mère face aux décombres d'une école, des bancs cassés et des petites chaussures abandonnées. Un moment que je n'oublierai jamais. Je voyais la douleur de cette femme et j'étais impuissante. Les ravages que ce séisme avait causés en Chine en 2008 étaient terribles. La vie des victimes a complètement basculé d'un jour à l'autre. Cela m'a fait prendre conscience de la nécessité d'un soutien psychologique. Nous y accordons de plus en plus d'importance au sein de nos projets. Après le tremblement de terre, Handicap International est intervenue rapidement avec de la kinésithérapie et en distribuant des aides de marche. Il y avait aussi un sentiment de solidarité très fort au sein de la population. Je me souviens d'un homme qui a surgi devant nous en disant qu'il voulait devenir bénévole. Il a commencé comme traducteur avant de travailler directement sur le projet et il a fini comme responsable de projet. Une approche durable que nous ne cessons de poursuivre. »

Publié le 19 Août 2013.

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