Ebola : Handicap International adapte ses activités pour faire face au virus

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L'épidémie de fièvre Ebola qui s'est déclarée en Guinée en mars dernier s'est rapidement propagée à la Sierra Léone et au Libéria voisins. Selon l'Organisation mondiale de la santé, 1600 cas ont été recensés, dont 887 mortels. L'épidémie, la plus meurtrière jamais enregistrée, continue de se propager de manière inquiétante. Le Libéria et la Sierra Léone imposent des restrictions de déplacements et des mesures de mise en quarantaine très strictes. Les activités de Handicap International sont partiellement suspendues dans ces deux pays. Dans le même temps, l'association met en place des actions spécifiques pour enrayer la propagation de l'épidémie, en collaboration avec des associations locales de personnes handicapées. Adam Huebner décrit la situation sur place.

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Handicap International : séance de sensibilisation sur le virus ebola auprès d'une communauté dans un bidonville de 90 personnes handicapées et leurs familles.
Handicap International : séance de sensibilisation sur le virus ebola auprès d'une communauté dans un bidonville de 90 personnes handicapées et leurs familles.

La semaine dernière, les équipes de Handicap International en Sierra Leone et au Libéria ont profité des activités menées dans le cadre des projets de santé maternelle et infantile pour relayer des messages de prévention. En Sierra Leone, le personnel de 42 centres de santé, et de 10 ONGs locales, répartis dans trois districts, a ainsi pu être sensibilisé aux moyens d'identifier les symptômes du virus Ebola, à ses vecteurs de transmission, et aux différentes actions à entreprendre en cas de contamination suspectée. Des centaines de brochures informatives ont également été distribuées auprès de huit organisations partenaires dans les districts de Kenema et Kailahun.

Mise en quarantaine dans certaines zones de Monrovia

Mais le virus continue de se propager : des cas ont été détectés largement hors des zones initiales de contamination. « C'est au Libéria que la situation est la plus compliquée pour nos équipes, explique Adam Huebner, coordinateur santé pour Handicap International. 109 personnes sont déjà mortes du virus à Monrovia. L'un de nos collègues habite dans un quartier sous le coup d'une mesure de mise en quarantaine parce qu'un cas a été détecté à quelques rues de chez lui. Concrètement, une telle mesure signifie que la police installe des contrôles qui empêchent toute personne non autorisée à entrer ou sortir de ce quartier, et des patrouilles qui invitent les habitants à rester à l'intérieur de leur maison. Des distributions de nourriture devraient alors intervenir pour alimenter les habitants. Selon le protocole suivi par les autorités, cette mesure pourrait durer une vingtaine de jours. »

Etat d'urgence en Sierra Léone

En Sierra Léone l'état d'urgence décrété par le Président a lui aussi des conséquences directes sur les activités de Handicap International et sur la vie quotidienne de l'ensemble de la population. « Avant-hier [lundi 4 août] toute circulation a été interdite par le gouvernement, et la police et les militaires ont patrouillé dans les rues, interpellant toute personne qui s'aventurait hors de chez elle. Aujourd'hui nous pouvons à nouveau nous déplacer, mais le gouvernement demande aux ONGs de concentrer leurs actions sur la lutte contre le virus. Toute autre activité impliquant des déplacements ou des réunions doit être évitée. Nous avons rencontré hier avec nos partenaires, notamment la Commission Nationale des Personnes Handicapées, pour mettre en place des campagnes de sensibilisation, relayées par les associations de personnes handicapées dans et atour de Freetown. Ces actions seront menées dans les jours prochains et les messages seront également transmis au travers de chansons, scénettes de théâtre, temps de discussion... Notre objectif est de faire en sorte que ces messages atteignent véritablement les populations, y compris les personnes les plus vulnérables comme les celles atteintes de déficiences auditives ou visuelles qui d'une part ne reçoivent pas facilement les messages et d'autre part se trouvent particulièrement exposées puisqu'elles ont recours au toucher pour s'orienter ou communiquer.

« Ici à Freetown nous avons encore le sentiment que le virus reste à une distance raisonnable, mais si des cas plus nombreux [6 cas ont pour l'instant été confirmés à Freetown] était détectés dans les quartiers à forte densité, les risques de contamination seraient très élevés, c'est pourquoi ces actions de prévention sont si importantes. Nos équipes et nos partenaires ne cèdent heureusement pas à la panique, mais nous avons tout de même du mettre en place des mesures de précaution relativement contraignantes. Nous n'utilisons plus les transports en commun par exemple. Nous voyons bien que tout le monde, toute activité, sont directement affectés par la situation. Il est difficile de penser à autre chose ne serait-ce que pour quelques minutes. J'étais à l'aéroport vendredi pour accompagner ma femme, qui est enceinte et qui a finalement pu quitter le pays, mais la situation là-bas était vraiment impressionnante. Un dispositif de sécurité très important a été déployé et un grand nombre de personnes tentent de quitter le pays alors que certaines compagnies d'aviation ont decidé de suspendre temporairement leurs vols. »

Adam Huebner

Adam Huebner, est basé à Freetown. Il travaille en tant que coordinateur santé et réadaptation pour le programme Sierra Léone et Libéria de Handicap International depuis février 2014. Adam est diplômé en anthropologie (université du Wisconsin, Etats-Unis) et en santé publique / épidémiologie (université Chulalongkorn, Bangkok, Thaïlande).

 

 

Publié le 6 Août 2014.

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