La Casamance toujours sous la menace des mines

  • Déminer les terres
  • Sénégal

Alors que le conflit entre l’armée sénégalaise et les rebelles semble s’éteindre lentement, les populations de Casamance sont toujours sous la menace des mines antipersonnel. Handicap International a lancé début décembre un nouveau programme de déminage. La première opération vise à libérer 30 000 m² de la présence des mines, qui tuent et mutilent principalement des civils.

Partagez cette actualité

Casamance, Sénégal, décembre 2015. Équipe de démineurs de Handicap International
Casamance, Sénégal, décembre 2015. Équipe de démineurs de Handicap International

Cette première opération de déminage, dans le village de Diagnon à l’est de Ziguinchor, durera trois mois et permettra de sécuriser une piste et des terres agricoles à l’entrée du village, que ses 500 habitants n’osent plus fréquenter depuis de nombreuses années. Elle mobilise une équipe de Handicap International composée de 14 personnes et de deux chiens détecteurs d’explosifs.

Aziz Sy, chef des opérations de déminage de Handicap International au Sénégal :
« Pendant ce long conflit qui a démarré en 1982, les mines ont été utilisées de manière erratique, parfois sans logique apparente. On peut en trouver n’importe où. »

Les opérations de déminage menées par l’association répondent ainsi à d’importants enjeux de développement. Elles rendront possible la reconquête des terres agricoles : « Pour vivre, de nombreux villageois ont besoin de cultiver les champs qu’ils ont abandonnés quand ils ont fui leurs villages, parfois pendant plusieurs années à cause du conflit. Maintenant qu’ils sont de retour, ils n’osent pas s’y aventurer », explique Charles Coly, chef d’équipe de démineurs de Handicap International.

Les chiens plus efficaces que les détecteurs

Ces opérations de déminage permettront également d’élargir des pistes et de donner à des villages enclavés un meilleur accès aux grands marchés, situés sur la route nationale 6, le principal axe routier qui relie Ziguinchor à la ville de Kolda. Les paysans pourront ainsi mieux écouler leurs récoltes et améliorer leurs revenus.

Pour ces opérations, l’équipe cynophile – deux chiens et un maître-chien – joue un rôle central : « Les chiens sont plus efficaces que les détecteurs de métaux, plus rapides aussi, et ils sont également précieux car nous tombons souvent sur des PRBM 35, un modèle qui ne contient pas de métal et que ces instruments ne peuvent pas détecter, contrairement aux chiens qui reniflent les odeurs d’explosif », ajoute Aziz. 

Handicap International prévoit de déminer un total de 55 000 mètres carrés d’ici août 2016 dans trois localités : Diagnon, Bafata et Senger. Lors de ses précédentes interventions en Casamance, l’association avait contribué au déminage de 1,8 million de mètres carrés entre 2007 et 2012. Selon les autorités, près de 100 000 personnes vivent toujours sous la menace directe des mines dans la région. 

> Lire aussi :

Plus de 30 ans de conflit en Casamance ont laissé un héritage mortel
La Casamance est une région du Sud-ouest du Sénégal qui revendique son indépendance depuis 1982. Elle a été le théâtre d’un conflit entre l’armée sénégalaise et un mouvement indépendantiste armé, le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) depuis 1982. Cela a forcé les populations à fuir, notamment celles des villages voisins des frontières avec la Guinée-Bissau ou la Gambie, zones de replis des rebelles. Les violences ont été particulièrement intenses au tournant des années 1990-2000. Les rebelles et l’armée régulière ont tous deux fait usage de mines antipersonnel. 
Le Sénégal a rejoint le Traité d’Ottawa en 1998 et s’est fixé 2021 comme date limite pour se déclarer libre de mines. Les autorités estiment que 480 000 m² sont pollués par les mines et les restes explosifs de guerre. Handicap International est à l’heure actuelle l’unique opérateur de déminage actif en Casamance.

Publié le 18 Janvier 2016.

Nos Actions pays par pays

Civils sous les bombes, ça suffit ! Notre volonté commune est une arme de reconstruction massive. Engagez-vous avec Handicap International, signez la pétition !


 

Contactez-nous

Relations donateurs
04 78 69 67 00

Relations presse
Nathalie BLIN
04 26 68 75 39 / 06 98 65 63 94
nblin@handicap-international.fr

AIDEZ-LES concrètement