Une aide psychologique indispensable aux déplacés

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Les conflits en Irak ont conduit plus de 900 000 personnes, dont de nombreuses victimes de violences physiques et psychologiques, à se déplacer vers le Kurdistan irakien. Olivia Nevissas, responsable Soutien psychosocial aux déplacés irakiens pour Handicap International, explique comment ils vont être aidés à surmonter leurs traumatismes.

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Une cinquantaine de déplacés irakiens logent en étroite promiscuité dans une salle de classe à Erbil au Kurdistan irakien.
Une cinquantaine de déplacés irakiens logent en étroite promiscuité dans une salle de classe à Erbil au Kurdistan irakien.

Quels sont les besoins en soutien psychosocial au Kurdistan irakien ? 

Pour les personnes arrivées de la province du Sinjar au nord-ouest de l’Irak, où les combats contre les groupes armés ont eu lieu jusqu’à il y a peu, nous avons constaté des cas de grande détresse. Les femmes ont été exposées à de terribles violences physiques et psychologiques, et beaucoup de déplacés ont assisté à la mort de membres de leur famille.

À cela s’ajoutent des conditions de vie difficiles dans les camps et les abris collectifs, où se côtoient des personnes de confessions et de communautés différentes, un climat extrême (pics de chaleur en été, neiges et gelées en hiver) et l’absence de perspectives d’avenir. Tous ces éléments constituent le terreau de possibles tensions et de comportements à risque envers les plus vulnérables, comme les femmes. 

Comment aidez-vous ces personnes ? 

Nos travailleurs psychosociaux, qui seront bientôt huit, présents dans les gouvernorats de Dohuk et d’Erbil ont pour mission d’aider les déplacés à faire face aux traumatismes qu’ils ont vécus et à retisser des liens avec leur entourage. Pour ce faire, ils mènent notamment des activités de médiation familiale, des sessions de groupe et des entretiens individuels. 

Ainsi par exemple, dans un camp près de Zakho au nord-ouest du gouvernorat de Dohuk, nous allons ouvrir un centre dédié en partie au soutien psychosocial. Nous y organiserons des sessions de groupe dont les thématiques seront identifiées sur la base des besoins des bénéficiaires. Notre objectif est d’offrir un cadre sécurisant pour sortir les déplacés de l’isolement et créer du dialogue entre eux. 
En parallèle, nos équipes pourront aussi aider les familles par de la médiation à domicile et des sessions individuelles. 

Quelles difficultés rencontrez-vous ? 

Nous devons faire face à deux difficultés principales. La première est liée à l’itinérance des personnes au sein même du Kurdistan irakien : il est difficile d’identifier les déplacés ayant besoin de soutien et de mettre en place des activités sur plusieurs semaines. 
La deuxième difficulté réside dans la lassitude de ces déplacés brisés à se confier : de nombreuses organisations humanitaires s’entretiennent avec eux pour évaluer leurs besoins, parfois longuement et sans apporter d’aide concrète. C’est pourquoi l’écoute apportée par nos équipes, formées aux techniques d’entretiens de réduction des risques traumatiques, a été primordiale.

 

Publié le 23 Mars 2015.

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