+ 75 % de victimes : les bombardements de civils à l'origine d'une hausse historique

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Handicap International appelle une nouvelle fois à ce que l’utilisation des armes explosives en zones peuplées cesse immédiatement et soit dénoncée par la communauté internationale. Si l’année 2015 a établi un record en termes de nombre de victimes de mines et de restes explosifs de guerre (REG), les bombardements en zones peuplées sont devenus massifs et systématiques dans les conflits récents ; ils tuent et blessent en majorité des civils. Focus à l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre les mines, le 4 avril.

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Fayaz, 5 ans, a perdu ses deux jambes suite à l'explosion d'un reste explosif de guerre quand il avait 3 ans. Il a reçu des prothèses de Handicap International et bénéficie de séances de réadaptation.
Fayaz, 5 ans, a perdu ses deux jambes suite à l'explosion d'un reste explosif de guerre quand il avait 3 ans. Il a reçu des prothèses de Handicap International et bénéficie de séances de réadaptation.
Fayaz, 5 ans, a perdu ses deux jambes suite à l'explosion d'un reste explosif de guerre quand il avait 3 ans. Il a reçu des prothèses de Handicap International et bénéficie de séances de réadaptation.

Publié en novembre dernier par Handicap International et trois ONG, le rapport de l’Observatoire des mines rendait compte de l’augmentation vertigineuse en 2015 du nombre de nouvelles victimes de mines et restes explosifs de guerre : l’augmentation de 75 % par rapport à 2014 s’explique par des bilans particulièrement lourds dans les zones de conflit en Afghanistan, en Libye, en Syrie en Ukraine et au Yémen. Au moins 6 461 personnes ont été tuées ou blessées par ces armes en 2015. Jamais l’Observatoire n’a comptabilisé autant de victimes de mines artisanales depuis la publication de son premier rapport annuel en 2000 : elles sont 1 331 soit 21 % des victimes recensées en 2015, un chiffre très certainement en dessous de la réalité. 

Ce triste bilan est directement lié à l’utilisation massive dans les conflits récents – Irak, Syrie, Yémen, Ukraine... – d’armes explosives dans des zones peuplées, incluant des armes interdites comme des mines antipersonnel et des bombes à sous-munitions. L’utilisation des armes explosives en zones peuplées tue et blesse à 90 % des civils.

3,6 millions de personnes menacées

Le conflit syrien est particulièrement marqué par l’utilisation massive et répétée des armes explosives. Selon un recensement de l’International NGO Safety Organisation (INSO), 8 656 attaques impliquant des armes explosives ont eu lieu en Syrie entre le 26 septembre et le 28 décembre 2016, soit 72 % des incidents répertoriés. Cela représente une moyenne de 94 attaques quotidiennes, sous la forme de bombardements ou de pilonnages.

En Irak, en Syrie, en Ukraine... les bombardements et pilonnages laissent des restes explosifs de guerre (REG) qui contaminent durablement des vastes parties de territoire longtemps après les combats ou un conflit. Dans les quartiers ou les villages touchés par un bombardement, la présence de ces restes explosifs de guerre menace la vie des civils et rend impossible le retour à une vie sociale et économique normale.

Selon une évaluation du Service de l’action anti-mines des Nations Unies (UNMAS) sur le niveau de contamination en Syrie, publiée en novembre 2016, plus de 3,6 millions de Syriens vivent dans des zones contaminées par les restes explosifs de guerre et les engins improvisés ; près de 1,5 million de personnes vivent dans des zones où des incidents liés à la présence d’engins explosifs ont été relatés ; la présence d’engins non explosés est rapportée dans 20 % du territoire

Un niveau de pollution sans précédent

Portrait de Thomas Hugonnier de Handicap International« La présence de restes explosifs de guerre rend périlleux le retour des populations chez elles une fois l’attaque passée ou le conflit terminé. En Irak et en Syrie, cette pollution a atteint un niveau sans précédent qui nécessitera des opérations de déminage pendant de nombreuses années. Elle rend également nécessaire des sessions d’éducation aux risques pour apprendre à la population avoir les bons réflexes face à un reste explosif et ainsi se prémunir contre les risques d’accident. »

Thomas Hugonnier, responsable des opérations de Handicap International en Irak 

> Cliquez ci-dessous pour voir une vidéo de destruction de restes explosifs de guerre par nos équipes en Irak :

Logo "Stop Bombing Civilians" (non aux bombardements des civils) de Handicap InternationalHandicap International a lancé le 15 mars 2017 une campagne internationale pour dire « stop aux bombardements des civils ». L’association ambitionne de réunir 1 million de signatures pour les remettre aux décideurs politiques en septembre 2018. Handicap International œuvre au sein de la coalition INEW (International Network on Explosive Weapons) qui vise à inciter les États à prendre position contre l’utilisation des armes explosives en zones peuplées.

Handicap international appelle les États et les groupes armés non étatiques à stopper immédiatement toute utilisation de mines et de sous-munitions, à cesser de vendre ou de transférer ces armes, à condamner fermement toute utilisation et, lorsqu’ils sont parties prenantes à un conflit, à faire pression sur leurs alliés afin que ceux-ci n’utilisent pas ces armes.


> Lire le dossier spécial "Stop Bombing Civilians - Bombarder les civils, ce n'est pas la guerre, c'est un crime !"

> Lire également l'interview de Mélanie Broquet "les armes explosives en zones peuplées tuent et mutilent les civils"

Publié le 4 Avril 2017.

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