+ 150 % de victimes de mines en trois ans : arrêtez le massacre !

  • Mines et autres armes

Le rapport 2017 de l’Observatoire des mines rend compte de l’augmentation spectaculaire pour la troisième année consécutive du nombre annuel de nouvelles victimes de mines et restes explosifs de guerre. Entre 2013 et 2016, l’accroissement de 150 % du nombre de victimes s’explique par des bilans particulièrement lourds dans les zones de conflit en Afghanistan, en Libye, en Ukraine et au Yémen. Alors que la conférence des États parties au Traité d’Ottawa se tient du 18 au 22 décembre à Vienne en Autriche, Handicap International appelle les États à appliquer le Droit international humanitaire et à faire pression sur les belligérants pour arrêter d’utiliser ces armes barbares.

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Fayaz a perdu ses deux jambes à cause d'un reste explosif de guerre au Cachemire quand il avait 3 ans. Il a suivi des séances de réadaptation avec Handicap International. Il a reçu deux prothèses et a réappris à marcher.
Fayaz a perdu ses deux jambes à cause d'un reste explosif de guerre au Cachemire quand il avait 3 ans. Il a suivi des séances de réadaptation avec Handicap International. Il a reçu deux prothèses et a réappris à marcher.
Fayaz a perdu ses deux jambes à cause d'un reste explosif de guerre au Cachemire quand il avait 3 ans. Il a suivi des séances de réadaptation avec Handicap International. Il a reçu deux prothèses et a réappris à marcher.

Publié le 14 décembre, le rapport 2017 de l’Observatoire des mines dresse le bilan de l’application du Traité d’Ottawa* sur la période allant de janvier à décembre 2016, et jusqu’à novembre 2017 quand cela est possible. Le rapport montre que le nombre de nouvelles victimes de mines antipersonnel – industrielles ou de fabrication artisanale – et restes explosifs de guerre a augmenté de presque 25 % en un an, passant de 6 967 victimes en 2015 à 8 605 victimes en 2016. Ce nombre avait déjà quasiment doublé entre 2014 et 2015 (6 967 nouvelles victimes en 2015 contre 3 993 en 2014). En passant de 3 450 en 2013 à 8 605 en 2016, le nombre annuel de nouvelles victimes a été multiplié par 2,5 en trois ans

Ce bilan est également le plus lourd enregistré par l’Observatoire depuis la publication de son premier rapport annuel en 2000 (9 228 victimes recensées en 1999). Le nombre de nouvelles victimes augmente ainsi pour la troisième année consécutive après 15 ans de baisse presque continue. 

Les mines antipersonnel continuent de tuer très majoritairement des civils : 78 % des victimes étaient des civils en 2016, dont 42 % d’enfants.

Jamais l’Observatoire des mines n’a comptabilisé autant d’enfants victimes de ces armes et de victimes de mines artisanales (engins explosifs fabriqués par les belligérants faisant office de mines) depuis la publication de son premier rapport annuel en 2000 : 1 554 enfants ont été victimes de mines en 2016. La même année, 1 805 personnes ont été victimes de mines improvisées, dont 1 180 rien qu’en Afghanistan.

Vous aussi, signez la pétition contre l'utilisation d'armes explosives en zones peuplées : objectif 1 million de signatures à l'horizon septembre 2018 !

En 2016, la majorité des nouvelles victimes des mines antipersonnel – industrielles ou de fabrication artisanale – et restes explosifs de guerre ont été enregistrées en Afghanistan, en Libye, en Syrie en Ukraine et au Yémen. Au total, les victimes de mines ont été dénombrées dans 56 États et territoires dans le monde. 

L’Observatoire confirme de nouvelles utilisations de mines antipersonnel par les forces gouvernementales du Myanmar et de Syrie entre octobre 2016 et octobre 2017. Des groupes non étatiques ont également utilisé des mines antipersonnel, dont des engins de fabrication artisanale, dans au moins neuf pays : Afghanistan, Inde, Irak, Myanmar, Nigeria, Pakistan, Syrie, Ukraine et Yémen. 

Ces utilisations ont engendré une contamination accrue qui met en danger la vie de milliers de personnes à long terme. Au total, 61 États et territoires sont contaminés par les mines et les restes explosifs de guerre dans le monde. Handicap International appelle les États à soutenir les programmes d’éducation aux risques, de déminage et d’assistance aux victimes qui sont, pour ces pays et territoires, absolument nécessaires. 

Infographie de Handicap International sur les chiffres extraits du rapport 2017 de l'Observatoire des mines

Portrait d'Anne Héry de Handicap International« Nous assistons à une recrudescence alarmante de l’utilisation des mines, ainsi qu’à l’augmentation inacceptable du nombre de leurs victimes. Ces nouvelles utilisations engendrent des pollutions accrues dans plusieurs pays qui nécessiteront des opérations de déminage pendant de longues années. Renforcer l’assistance aux victimes est également une urgente nécessité. Ces activités demandent le soutien de la communauté internationale qui doit systématiquement dénoncer les violations du Droit international humanitaire. »

Anne Héry, Directrice du plaidoyer à Handicap International


* Le Traité d’Ottawa interdit l'acquisition, la production, le stockage et l'utilisation des mines antipersonnel. Il a été ouvert à signature les 3 et 4 décembre 1997 et est entré en vigueur le 1er mars 1999. À ce jour 163 États en sont signataires et 162 sont États parties au Traité.

Publié le 14 Décembre 2017.

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