Les traumatismes de la guerre, bombe à retardement de sociétés à reconstruire

  • Santé

Les problèmes de santé mentale chez les populations affectées par les conflits en Irak, en Syrie, au Yémen, en Libye, en Ukraine, etc. laissent une génération traumatisée par les violences armées. Souvent insuffisamment pris en charge, les troubles de la santé mentale liés à ces traumatismes peuvent avoir de lourdes répercussions sur l’ensemble d’une société et entraver sa reconstruction. Focus à l'occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, le 10 octobre.

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Séance d’orthophonie dans un des trois centres d’accueil d’enfants soutenus par Handicap International au Liban
Séance d’orthophonie dans un des trois centres d’accueil d’enfants soutenus par Handicap International au Liban
Séance d’orthophonie dans un des trois centres d’accueil d’enfants soutenus par Handicap International au Liban

Les besoins en santé mentale et soutien psychosocial sont immenses en Syrie, en Irak et au Yémen, selon les observations de Handicap International auprès des déplacés et des réfugiés de ces pays. Dans un rapport publié par Handicap International en juin 2016, Syria, A Mutilated Future, 80 % des victimes de bombardement interviewées dans les camps de réfugiés au Liban ou en Jordanie souffrent de détresse psychologique sévère.

« Les troubles de la santé mentale provoqués par les conflits actuels touchent des centaines de milliers de personnes. Ils auront des effets à long terme, nuisant durablement aux relations entre individus et à la reconstitution des sociétés, une fois les conflits terminés. Seule une bonne connaissance des besoins et une aide adaptée peut alléger les conséquences psychologiques des violences. C’est ce à quoi s’emploie Handicap International. » 

Sarah Rizk, référente santé et prévention à Handicap International

L’étude sur les besoins des réfugiés syriens, menée en 2015 par l’université Kocaeli pour l’Organisation mondiale de la santé auprès de réfugiés syriens en Turquie, montre par exemple qu’une grande majorité d’entre eux a directement vécu les violences de la guerre : près de 70 % ont perdu un proche ; plus de 50 % ont été pris dans des combats ; 50 % également ont perdu leur habitation ou lieu de vie, etc. Autant d’expériences traumatisantes qui peuvent nécessiter une aide adaptée.

Presque tous les enfants des familles déplacées ou réfugiées soutenus par Handicap International et qui ont été exposés aux violences en Syrie, en Irak ou au Yémen, souffrent d’insomnie, de cauchemars, montrent des signes d’hyperactivité, de fatigue, ont des maux de tête, des problèmes d’attention, etc.

L’exposition aux violences armées entraîne des états de commotion ou de stupeur qui peuvent s’accompagner de difficultés à prendre des décisions et à mener les tâches du quotidien, d’anxiété, de dépression, de syndromes traumatiques, etc. Parmi les conséquences les plus graves, les équipes de Handicap International observent des cas de perte d’identité, de la mémoire ou de mutisme.

60 000 personnes aidées

Le manque de services et d’investissement pour répondre aux besoins en santé mentale constituent une véritable bombe à retardement pour la reconstruction de ces pays. En l’absence d’une réponse humanitaire à la hauteur des besoins, toute une génération de personnes affectées par les conflits, souffrant de traumatismes, risque de mettre gravement à mal la reconstitution future du tissu social. Dans les sociétés marquées par des violences armées, Handicap International observe souvent une détresse qui se traduit, entre autres, par une augmentation des comportements agressifs ou à risque (consommation d’alcool, de drogue, etc.) et des violences physiques et sexuelles.

L’exemple du génocide au Rwanda en 1994, qui a fait près d’un million de morts, montre que les séquelles psychologiques des violences sont durables et peuvent avoir des conséquences profondes et à long terme sur le "vivre ensemble" : 22 ans après le génocide, de nombreuses personnes souffrent encore de traumatismes, avec de graves répercussions sur la cohésion sociale et la confiance entre individus. Handicap International mène actuellement dans le pays un programme de soutien psychologique touchant 6 000 personnes.

Handicap International conduit des programmes de soutien psychosocial et de santé mentale dans 24 pays, dont 8 en situation d’urgence. L’association sensibilise les populations et les services de santé et sociaux locaux à ce que sont les problèmes de santé mentale, fournit une aide psychosociale et psychologique aux personnes présentant des besoins et les oriente vers les services existants.

En 2015, Handicap International est venue en aide à 60 000 personnes dans le domaine psychosocial, dont plus de 20 000 lors d’interventions d’urgence. En réponse aux crises en Syrie et en Irak, l’association a apporté un soutien psychosocial à près de 16 000 personnes depuis mai 2012. Au Yémen, l’association a apporté une aide psychosociale à plus de 3 200 personnes depuis septembre 2015.

Au Liban, les enfants réfugiés sont vulnérables aux problèmes de santé mentale 
Handicap International et ses deux partenaires locaux proposent des soins de santé mentale aux enfants dans cinq camps de réfugiés palestiniens au Liban. Chaque année, près de 250 enfants et leur famille reçoivent le soutien de l’association. 
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Au Rwanda, les séquelles du génocide de 1994
Handicap International intervient au Rwanda dans le domaine de la santé mentale depuis juillet 1994, au lendemain du génocide qui avait fait près d’un million de morts et traumatisé la population toute entière. 
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Publié le 10 Octobre 2016.

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