Mohammad, 12 ans : « J’ai peur d’être blessé à nouveau »

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Mohammad vit dans le Sud de la Syrie. En 2014, une voiture a explosé dans la rue qu’il traversait et l’a grièvement blessé. Deux ans après, ce jeune garçon de 12 ans suit encore des sessions de kinésithérapie pour se remettre des fractures dont il a souffert au bras et à la jambe. Handicap International est en mesure de lui apporter cette assistance grâce au soutien du service de la Commission européenne chargé de l'aide humanitaire et de la protection civile (ECHO) et de son partenaire local.

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Mohammad et son kinésithérapeute de Handicap International
Mohammad et son kinésithérapeute de Handicap International
Mohammad et son kinésithérapeute de Handicap International

Aujourd’hui, Mohammad se rend au centre de réadaptation pour une session de kinésithérapie. Celui qui le soigne porte le même prénom que lui. Entre les deux Mohammad, la complicité est évidente. Sous les regards attentifs de Kholoud, sa mère, et de Sedra, sa sœur, le jeune garçon de 12 ans exécute avec enthousiasme les mouvements enseignés par son kinésithérapeute. Mohammad est fan de football et a hâte d’être totalement remis de ses blessures, qui ont déjà considérablement changé sa vie au cours des deux années passées et qui l’empêchent encore de pratiquer son sport préféré.

Mohammad, une des nombreuses jeunes victimes du conflit en Syrie © Handicap International

Comme six millions d’autres enfants dans son pays, il a été directement affecté par le conflit. Et comme six millions et demi de personnes en Syrie, Mohammad a été obligé de quitter son village d’origine. Sa famille ne compte plus que trois membres désormais : le père de Mohammad est décédé d’un cancer peu après le début du conflit.

« Tout ce que j’espère, c’est que le meilleur est à venir pour mes enfants et pour notre pays », confie Kholoud, en observant son fils durant la session de kinésithérapie. Cette mère de famille fait son possible pour que Mohammad puisse accéder à ce type de soins, même si le contexte rend difficile l'accès au centre de réadaptation. « Parfois, cela nous prend plus d’une heure de venir jusqu’ici », explique-t-elle. « Je n’ai pas assez d’argent pour payer un taxi. Depuis que mon mari est mort, nous n’avons plus de sources de revenus. Alors, quand on doit se rendre au centre, on attend qu’une voiture passe sur la route de notre village et nous y emmener. Mais peu de gens vivent ici : l’insécurité y est constante car nous ne sommes pas loin des lignes de front… »

Retourner à l'école

Malgré les difficultés de la famille, Mohammad semble heureux de se remettre debout. Depuis qu’il a commencé sa réadaptation avec Handicap International, il peut de nouveau bouger sa main et sa jambe. Les séances de kinésithérapie lui ont aussi progressivement permis de retourner à l’école. « Après mon accident, j’ai dû subir plusieurs opérations et je ne pouvais plus aller en classe. Aujourd’hui, je suis content de pouvoir aller à l’école. Mais il y a beaucoup moins d’élèves qu’avant, car beaucoup d’entre nous sommes réfugiés ou déplacés... Il y a aussi moins de professeurs, moins de livres de leçons… », raconte Mohammad.

Malgré le sourire qui ne semble pas quitter son visage, on ressent tout de même un certain traumatisme chez le jeune garçon. « J’ai peur d’être blessé à nouveau », avoue-t-il, alors que la session prend fin. Avec l’aide de ses partenaires sur le terrain, Handicap International complète ses activités de kinésithérapie par du soutien psychosocial (durant lequel les réfugiés peuvent parler librement de leurs émotions et de leur situation), en Syrie et dans les pays voisins. Grâce à ces activités complémentaires, l’association souhaite apporter une aide aussi complète que possible à la population syrienne affectée par ce conflit qui dure depuis plus de cinq ans, qu’elle soit déplacée au sein de la Syrie ou réfugiée en Jordanie, au Liban, en Irak...


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Publié le 7 Octobre 2016.

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